‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 146 sur 291 · SAGRIFIGBS ET RITES DES ÉGYPTIENS · texte numérisé non relu

SAGRIFIGBS ET RITES DES ÉGYPTIENS

d'après Manéthon, celle de brûler vifs des typhoniens pendant l'ardeur des jours caniculaires et de jeter leurs cendres au vent, furent abolis, et les dernières traces des sacrifices humains disparurent au vi« siècle avant l'ère vulgaire ; de sorte qu'Hérodote, ne les retrouvant point, put nier qu'ils eussent jamais existé. Il est d'ailleurs visible, sur tous les indices rapportés, que ces sacrifices étaient moins des actes religieux essentiels que des manifestations de haine et de vengeance contre la race dévastatrice des peuplades sémitiques qui avaient tenu TÉgypte sous leurs pieds. Et, disons plus, quand on se rappelle que les mêmes actes, très positivement religieux cette fois, ont caractérisé les cultes de la plupart des Sémites, on serait tenté de croire que les Égyptiens prirent un jour ces étrangers pour victimes de l'abominable superstition qu'ils tenaient d'eux avec le culte de Séti-Bel. Si cette conjecture était fondée, la religion de Bel, unique et sainte aux yeux des tribus qui la professaient, serait venue occuper en Egypte la place faite au mal dans le concept de la divinité. On a des exemples d*une semblable trans* formation.

La pensée de l'expiation et le sacrifice proprement dit ne se marquent donc que faiblement dans les rites dont nous venons de parler et dans les croyances qui les inspiraient. Mais s'il en est ainsi de l'immolation des animaux méprisés et des hommes abhorrés, la question change tout à fait de face à l'égard des animaux sacrés, qui sont de véritables dieux. Quand, par exemple, Hapi, après vingt-cinq ans révolus de sa vie terrestre, échangeait l'adoration contre une mort violente ordonnée par la loi religieuse, il fallait bien que cette fin de sa destinée fût un sacrifice divin, terme dernier et nécessaire de ce sacrifice que Hésiri faisait aux hommes en prenant un corps et acceptant une vie d*humiliation et de douleurs. Ceci est plus qu'une simple interprétation, c'est la seule pensée qui ait pu tomber dans l'esprit humain créateur d'un dogme et d'un rite pareils.

Nous savons aussi que les temps de calamités, telles que chaleurs meurtrières et épidémies, exigeaient des sacrifices d'animaux sacrés. Ici il faudrait bien s'étonner si le sentiment qui inspirait le prêtre d'un Dieu qu'on sacrifiait n'était celui-là même que toute l'antiquité a connu, qu'elle a manifesté quelquefois par le dévouement, volontaire de sa nature, plus souvent en vouant des victimes de prix, consentantes ou non, à la satisfaction de la colère céleste^ et qu'enfin le christianisme nous rend familier par son dogme de Dieu même sacrifié à Dieu pour le salut des hommes. Ce sentiment est le vrai mobile des immolations auxquelles il conviendrait peut-être de réserver le nom Ôl expiatoires, afin de les distinguer de celles où un criminel connu est l'objet de la justice vengeresse, mais n'a point la même

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