‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 157 sur 291 · MYTHE D^INDRA ET DES ASOURAS · texte numérisé non relu

MYTHE D^INDRA ET DES ASOURAS

Soma beurré dont les émanations réparent les forces divines, montent au ciel et se réunissent aux sources de la vie.

Je m'arrêterai peu sur les mythes du Rigvéda^ qui ne semblent d'ailleurs ni bien fixés ni bien développés, mais à Télat naissant, pour ainsi dire, et sujets à ces incohérences où se trahissent l'imagination improvisatrice et Tabsence de dogmes formulés. Les variantes et les contradictions sont de l'essence d'une mythologie œuvre du peuple, et inhérentes au procédé mythologique en lui-même, à cause du croisement continuel des phénomènes et des idées qu'ils sont aptes à symboliser. L'étude des mythes aryens primitifs ne présentera un véritable intérêt général que lorsque la critique sera parvenue au point de les tous expliquer phiiologiquement, d'en présenter les séries sans esprit de système, avec ce désordre et cet enchevêtrement qui font partie de la vérité, et d'y rattacher, soit par filiation, soit à litre de similitude naturelle, les produits comparables des autres nations. C'est un travail que Ton peut dire avancé, si Ton considère le peu de temps écoulé depuis que la science l'a entrepris, mais non pas malheureusement eu égard à la carrière à parcourir. Dans l'état, la plupart des mythes ou des courtes légendes que je pourrais rapporter auraient moins de prix en eux-mêmes que pour confirmer ce que j'ai dit d'une phase de l'esprit humain, principalement chez les races aryennes, et de Tétonnante naïveté des conceptions primitives. Mais les traits qu'il m'est donné d'indiquer en passant atteignent ce bïit autant que le permet la brièveté.

Toutefois, je ferai exception en faveur d'un mythe que les hymnes du Rigvéda reproduisent souvent ou, pour mieux dire auquel ils font de continuelles allusions. Son importance, en tant que forme préférée et familière de l'inspiration et des sentiments religieux à celte époque primitive, s'accroît encore par ce fait que d'autres nations doivent nous l'offrir à leur tour et sous des modes diversement spontanés ou élaborés. Je veux parler du combat de la puissance divine contre les Titans. Ici la lutte est de l'ordre naturel et atmosphérique, elle concerne les grands météores desquels dépendent la fécondité de la terre et la conservation de la vie humaine : les rayons solaires, la pluie, les vents, les nuages, la foudre qui semble les déchirer. Le Nuage est le personnage titanique dont le Maître du tonnerre entreprend de punir l'audace et craint un moment de ne pas triompher. Et pourtant il se rencontre là une de ces anomalies ou plutôt de ces nécessités de l'esprit mythologique, si différent de l'esprit logique. Ce même Nuage, qui d'ordinaire est peint comme l'ennemi, paraît en d'autres occasions envisagé comme un être bienfaisant, puisqu'il porte dans son sein l'eau fécondante. Alors il partage avec le rayon lumineux la

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