L*UADËS ET SES DEMEURES
{i'jLTiP'.z^y i^paoriÇ, a;j-îvrjv65), en UQ mot de tout ce qui constitue un plein organisme. *
Homère dislingue deux demeures dans THadès. L'une est le Cbamp Elysée, où les Dieux envoient pour Timmortalité des mortels privilégiés : là se trouve le blond RhadamanlheuSy personnification transformée du roi védique des morts. L'autre demeure est le domaine ténébreux d'Aidoneus et le Perséphonè. Minos (transformation de Manou) y siège, un spectre d or à la main, pour rendre la justice aux morts. L'Érèbe et le Tartare en sont des dépendances. La plus grande partie des mânes y pix)longent une existence sans douleurs comme sans plaisirs, avec un semblant d'activité où leurs passions terrestes se donnent carrière encore. On y voit jusqu'aux ombres farouches de Héros, tels que Hèraklès, qui jouissent ailleurs, avec des corps pleinement restitués, de la compagnie et des honneurs des Dieux. Enfin, les ennemis personnels des Olympiens, les Titans en première ligne, et d'autres d'après eux, Tantale, Sisyphe, etc., y sont plongés dans les tourments. Toute celte eschatologie homérique, dans la confusion et le vague de plusieurs de ses traits, qu'on voudrait mieux accusés, porte un grand caractère de spontanéité primitive. L'idée d'une sanction de la morale humaine par des peines ou des récompenses après la vie n'apparaît pas claire* ment, mais elle est en germe.
Elle se distingue mieux dans les poèmes d'Hésiode. Je garde pour une autre place l'exposition de la théorie des Races ; mais je peux dire ici que le poème des Travaux et des jours définit leurs destinées posthumes. Ainsi, la Race d'or, après son ensevelissement^ selon les desseins de ZeuSy s^est retrouvée dans les Daimons^ ces étires bonSf quiy vêtus d'air, habitent sur la teirey examinent la justice et les méchantes actions, veillent sur les hommes et leur distribuent la richesse. La Race d'argent a fourni ceux qu'on nomme les mortels bienheureux du monde souterrain, et qui ne sont pas non plus privés d'honneur. Mais la Race d'airain est entrée sans nom dans la demeure humide de Veffroyable Aidoneus. Enfin, la quatrième Race, celle des Héros, est établie par Zeus aux extrémités de la terre^ loin des Immortels. Ces H&ros fortunés vivent sanspassions, sous Kronos^ leur roiy dans les lies des bienheureux^ près de VOcéany oit le champ fertile fleurit et fructifie trois fois tannée. La doctrine de la rémunération fait donc partie de cette théorie des Ages ou des Races, et pourtant Hésiode ne dit point quel destin après la mort attend les hommes de la Cinquième Race, ses contemporains. Nulle part, ni dans la longue description des régions du Tartare, donnée dans la Théogonie, on ne trouve d'allusions aux peines qui attendraient les