‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 209 sur 291 · CURONOLOGIE DES PATRIARCHES HÉBREUX · texte numérisé non relu

CURONOLOGIE DES PATRIARCHES HÉBREUX

dessus, en remontant^ viennent les générations antédiluviennes, dont je parlerai plus loin. Ainsi, après sept successions dont les nombres sont admissibles, la dérogation aux lois naturelles et bistoriques commence avec Téracb engendrant Abram à Tâge de 70 ans, et se continue par Abram, Isaac et Jacob, qui deviennent pères à 100, à 60 et à 89 ans (ce dernier nombre pour la naissance de Joseph). Mais l'explication que j'ai préparée me semble maintenant facile.

Téracb émigré de Our en Ghaldée, avec sa famille, emportant la mémoire de sept générations régulières. Abram quitte les siens {Gen.^ c. xii). A partir du moment de sa vocation, les légendes que nous avons, leur fond plus ou moins historique témoignent partout de l'existence errante et troublée des Abramides, qui ne se trouvent réunis en partie, et capables de recueillir et combiner leurs souvenirs, que deux siècles plus tard, en Egypte, lorsqu'un homme des leurs y exerce l'autorité durant la domination sémitique. Cet établissement des nomades devient plus tard un état de servitude par relTet de la restauration nationale des Égyptiens. Il n'est pas étonnant que, dans ces circonstances, le peuple Israélite, auquel on peut donner maintenant ce nom, ait été hors d'état de recomposer toute la suite des générations nécessaires pour combler l'intervalle de Téracb à Joseph ; que, de dix patriarches, par exemple, Térach, l'émigré de Chaldée, avec sa tradition, puis Abram, Isaac, Jacob, liés aux faits nationaux ou religieux les plus importants, quatre en tout, aient dominé Toubli; et que, pour réparer cette perle en tenant pour exacte la supputation du temps écoulé, l'imagination légendaire ait altéré les âges de génération, par une conséquence assez naturelle de la fiction universellement reçue de la longévité des pères.

Si ce n'est là qu'une hypothèse, on conviendra qu'elle a les caractères de l'induction historique la moins hardie et la plus légitime. Il ne lui manque même pas la vérification qui peut se tirer des nombres traditionnels. En effet, si nous regardons Térach comme résumant deux générations, Abram trois, Isaac deux, Jacob trois jusqu'à Joseph, les nombres 70, 100, 60 et 89 se prêtent merveilleusement à notre point de vue. Leur moyenne donne, pour dix gêné-

la compilatioD, savoir avec le c. x entier et le commeacemeat du c. xi. Ceux-ci représentent visiblement un travail postériear du jéhoviime pour expliquer la diversité des races et des langues après un cataclysme supposé universel.

Quoi qu*il en soit, je placerai ici une remarque utile sur l'emploi des mots sémite et sémitique \\\^ désignent, pour la critique moderne, des peuples dont le caractère commun est donné par une famille originale de langues: hébreu, phénicien, arabe, etc. 11 ne faut doue pas avoir égard en ceci au système visiblement artificiel des documents jéhovistes. On serait conduit, en les suivant, à trouver dans la lignée de Sem des races parlant une langue sémitigue et d'autres non, et de même dans la lignée collatérale de Cham.

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