SYSTÈME ARTIFICIEL DES PATRIARCHES ANTÉDILUVIENS
rations au lieu de quatre, le nombre 31 9/10 très voisin de la moyenne des âges des pères avant Térachy et les écarts vont de 35 à 29 ans environ, ce qui est encore exactement conforme à la liste de ces mêmes âges dans la généalogie du fragment élohiste.
Le résultat de cette recherche n'importe pas seulement en ce qu'il restitue une très ancienne page de chronologie et d'histoire. Il rend à la réalité des personnages dont on a été tenté de faire des mythes, quelquefois des mythes astronomiques. Il nous permet d'envisager, plusieurs siècles avant les Israélites d'Egypte, l'existence des familles patriarcales au sein desquelles la conception d'Élohim, commune à tous les Sémites, atteignit un degré d'élévation extraordinaire, pendant que commençait, en la supposant d'une antiquité moins élevée que Télohisme, la religion collatérale de Jéhovah (1).
La question est sensiblement différente pour les patriarches antédiluviens, ainsi que je l'ai déjà indiqué. Les deux espèces principales de documents où nous sont parvenues les plus anciennes traditions hébraïques s'accordent sur la nature et l'universalité du déluge, sur le renouvellement de l'humanité, sur le nombre et les noms des propres fils de Noah. Le jéhoviste ne se sépare de l'élohiste (2j qu'en se servant de certaines descendances inconnues à l'autre, pour expliquer, au moyen des lignées des trois frères, l'existence et la distribution géographique des peuples de son horizon. L'élohiste demeure donc plus confiné au pur point de vue sémitique, 11 se contente d'accepter sans développements la division générale de Sem, Cham et Japhef. Mais cette division se rapporte à une donnée qu'il ne pouvait manquer de posséder : celle de trois grandes races qui furent connues dans l'Asie moyenne dès la haute antiquité. Cela seul prouverait donc que ses informations sur les temps antérieurs au déluge sont assez confuses pour qu'il puisse, lui aussi, rattacher à la postérité de Noah tout ce qu'il a d'hommes sous les yeux. Et pourtant quand je consulte cet écrivain, quand je le compare au jéhoviste, je suis forcé d'avouer qu'il conserve mieux les apparences historiques, et cela pour les générations antédiluviennes, aussi bien que pour la généalogie des fils de Sem. II ne me paraît plus tout à fait impossible qu'il ait reçu, bien que fort altérée, et abrégée par le système des longé-
(1) J'entends par Tantiquité relative, ici et dans tous les cas semblables, celle que j'attribue aax idées mêmes et à Torigine d'aae tradition donnée, non celle dont on jugerait d'après l'époque de la rédaction écrite, encore moins d'après celle de la compilation du document par lequel elle nous est transmise. Voyez l'éclaircissement de ce point au chapitre xxiv, ci-après.
(2) Voir poar les fondements de cette distinction capitale le commencement du chapitre suivant et le chapitre xxyi.