RÉCAPITULATION. CARACTÉRISTIQUE RELIGIEUSE DBS RACES
vient esclavage y que le concubinat plus ou moins étendu corrompt la monogamie, que l'injustice paternelle et les rivalités des frères engendrent les guerres domestiques, celles des familles entre elles^ et que Tautorité se transforme en tyrannie pour répondre à deux besoins nouveaux : le maintien de la servitude au dedans, l'unité d'action vis-à-vis du dehors et pour la guerre. Les races nobles échappèrent aux suites les plus funestes de cette décadence de l'état patriarcal, en gardant leurs pensées plus pures que leurs mœurs, en dirigeant leur activité intellectuelle et morale vers l'établissement d'institutions qui étaient à beaucoup d*égards des produits tout nouveaux de la pensée humaine et de la réflexion, et surtout peut-être parce que la religion ne fut pas de leur part un eflbrt pour idéaliser le mal, mais qu'elles en fixèrent les principales données dans une sphère plus noble et plus élevée que. leur expérience. L'idée religieuse, quoique fonction de la moralité même au commencement, acquit rapidement l'indépendance et la primauté à l'égard de Tidée morale, et le plus souvent celle-ci ne se conserva, à travers de sombres épreuves, que sous la forme et avec le seul appui des croyances et des coutumes qu'elle avait d'abord inspirées.
Quand on remonte aux temps primitifs, les créations sociales et politiques dont la portée doit être si grande pour le progrès ou pour la conservation des races n'existent encore qu'en puissance et, pour ainsi dire, sous le voile des aptitudes variées et des mérites ; le développement de la raison est faible ou empêché; l'esprit qui dirige l'expérience et fonde les sciences se borne longtemps à quelques observations, à la découverte de procédés dans les travaux utiles; l'écriture est nulle ou dans l'enfance. La religion est alors ce qui seul nous permet de nous faire quelque idée de la nature acquise et des qualités caractéristiques de chaque grande race, au moment le plus ancien où il soit possible de l'aborder. La religion est d'ailleurs l'expression la plus profonde en même temps que la plus sensible et la plus persistante de la pensée qui l'engendre. C'est un mode essentiel sous lequel la conscience, posant son rapport avec le monde, donne sa mesure dans l'acte même où elle le conçoit. La curiosité, la tendance à croire, à supposer, à se représenter ce qu'on ne sait point, prennent là une part naturelle, longtemps avant que ne viennent les doctrines proprement dites, les explications, les hypothèses, les démonstrations prétendues. Mais il y a un besoin qui domine tout, celui de généraliser le bien et le mal, de les envisager dans l'univers afln de les poser en accord ou en contre-partie du bien et du mal qui affectent l'homme, et de trouver ainsi, tantôt la condamnation, tantôt et plus souvent la justification des errements