‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 272 sur 291 · RÉCAPITULATION. CARACTÉRISTIQUE RELIGIEUSE DES RACES · texte numérisé non relu

RÉCAPITULATION. CARACTÉRISTIQUE RELIGIEUSE DES RACES

humains, dans un appel à Tautorité des faits et des êtres d'ordre universel et irrésistible.

Il y a quatre parties principales à considérer dans les religions. La première concerne les idées de divinité, suggérées par l'application des notions de qualité, de cause et de fin, de personnalité par conséquent, aux phénomènes cosmiques mis en rapport avec les intérêts de rhomme. La seconde porte sur le concept d'âme, et les mêmes notions s'emploient à constituer un support permanent pour chaque groupe de manifestations humaines individuelles, et, par suite, à rendre possible une destinée ultérieure. La troisième est relative à la prière, au culte, au devoir envers les Dieux, aux moyens d'établir avec eux des rapports favorables, ou de les rétablir quand ils paraissent troublés. Dans les religions primitives, un mode essentiel du culte est partout le sacrifice. Il s'y joint certaines défenses et certaines prescriptions de diététique dont les sources particulières sont quelquefois difficiles à déterminer, mais que, d'une manière générale, on peut regarder comme des règles d'hygiène élémentaire (de décence et de propreté) dont l'observation sépare les races nobles des races dégradées. Enfin, la quatrième partie comprend les visions, les prestiges, la divination surtout, qui se fonde sur l'existence présumée de signes externes ou internes des événements futurs, et se vérifie illusoirement par un double travail de l'imagination, tantôt interprétant les faits acquis et leurs signes, de manière à confirmer a posleriori ceux-ci par ceux-là, tantôt usant des pratiques reçues pour consulter le sort, ou pour causer ce trouble de l'esprit dans l'acte divinatoire, qui substitue une prévision naturelle, imparfaitement consciente, à l'œuvre du hasard.

Pour les races dégradées, tous les éléments de l'idée religieuse participent également de l'incohérence et du défaut d*ordre et de fixité, qui sont un caractère de leurs mœurs et de leur direction de conscience en toutes choses. Il n'est peut-être pas un seul point de croyance où d'autres races se soient établies et dont on. ne puisse observer chez celles-là une ouverture^ une ébauche quelconque. Les dieux des basses tribus disséminées dans le monde entier nous offrent des esquisses de tous les genres de détermination. Ce sont des esprits ou des génies animateurs ; ce sont des objets, des phénomènes personnifiés, ou des volontés cachées sous ces phénomènes, des qualités et des causes; ce sont aussi des symboles; enfin le mythe et la légende s'accusent dans les procédés, quoique élémentaires et mal suivis, qui servent quelquefois à raconter Thistoire de ces êtres. Lorsqu'un dieu arrive à représenter une idée tant soit peu stable et forte, c'est presque toujours celui qui résume et personnifie les passions de la guerre. On voit, il est vrai, une sorte de réflexion s'appliquer dans

Page 1