‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire [microform]. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 125 sur 253 · ESPRIT MYTUULOGIQUE DES PEUPLES ARYENS · texte numérisé non relu

ESPRIT MYTUULOGIQUE DES PEUPLES ARYENS

où rien d'autre ne pouvait nous ramener. Les autours des morceaux les plus anciens et du plus grand nombre (ce livre en a quelques-uns de manifestement postérieurs) sont des patriarches, agriculteurs et surtout bergers qui occupèrent un jour la Bactriane ou les régions du haut Indus. La race dite ari/enne ou indo-européenne, à laquelle ils appartenaient, divisée en tribus et en dialectes dont le temps, les migrations, les idées, les mœurs divergentes à la longue, firent des races, des langues, des peuples distincts, quoique sous des traits communs de famille auxquels on ne se trompe point, avait déjà projeté de vastes essaims d'hommes dans plusieurs directions. Ce sont vers l'occident, les nations celtiques et à leur suite les Pélasges, les Latins (1), les Hellènes; vers le nord -ouest, les nations germaniques et slaves; plus près enfin et plus tard, d'un côté le groupe de l'Iran, et de l'autre le peuple de l'Inde (2).

Ce dernier peuple a conservé les hymnes du fUgv^'da, d'une mémoire fidèle, bien des siècles avant de pouvoir les fixer par l'écriture. Mais il les a sauvés comme un titre d'origine religieuse que lui-même ne distinguait pas bien, les confondant avec la masse des compositions liturgiques, dogmatiques, poétiques, dont son esprit, successivement transformé, lui apportait l'inspiration, et qu'il se hâtait d'attribuer à un seul et même personnage divin placé à la naissance des choses. Les autres races sorties du môme berceau ont perdu de bonne heure le souvenir de ces sortes de chants, et plusieurs d'entre elles ont dû se séparer avant que fussent arrêtés pour la forme et pour le fond les mythes et le culte de l'antique tradition indienne. Mais toutes se sont signalées par le commun penchant et par la fécondité, quoique inégale, de la création mythologique. Quelques-unes, les plus anciennement connues de nous, ont toujours gardé, au milieu de la variété des produits de leur imagination que ne gênait aucun dogme sacerdotal étroit, certains mythes et certains noms dans lesquels la critique reconnaît ceux de l'Arye primitive, inscrits dans le Iligvéda; ce sont les Grecs et les Latins. D'autres ont apporté dans les communes croyances un esprit dogmatique nouveau, et les ont moralement transformées; je veux parler de celles qui ont proiuit la religion mazdéenne. D'autres enfin, les plus occidentales, les plus ancien-

(1) Je comprends sous ce nom, pour abréger, celles des tribus italiotes, qui n'étaient ni pélasgiques, ni celtiques, ni grecques, ni aborigènes ; et je ne parle pas des Étrusques, dont l'origiae reste douteuse. L'histoire et la classiflcatiou des anciens peuples de l'Italie réclament encore bien des éclaircissements.

(2) Voir, sur cette grande conquête historique de noire siècle, les travaux des linguistes, et spécialement la Paléontologie linguistique de M. A. Pictot, t. I.

INTROnrCTION

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