LES ORACLES. L INSPIRATION LIBRE
chloniennes, sans doufe pour se rapprocher delà terre, leur n'-i^idenro. Non qu'ils n'eussent an--i la pratiiiun ilrs supplications, avec les formes et les «gestes (rali.'ii<-»'niHiit (jiii s'y rapportent; mais le sentiment de railoiation pin amoureuse leur élait éliang^er, comme aux anciens Ai yens. Les Dietr. il pouie i\ dt-sol-jets de respect, (le crainte souvent superstilieu.sc, n):iis \\< ne les assaillaient pas de cet amour chimérique et maladif qui détend les ressuits de? l'àme et la rend incaiiahle de ses pUis [ii.xli lins devo rs. De même, ils imploraient d'eux toutes sortes de hiens^ ou nationaux ou personnels, mais ils ne leur demandaient point la vertu, ne leur othaient pas leurs c riu's à (hriger, estiniant sans dt)ut»' (lui'Cfla (jui dépend de l'homme, c'< -f à rhouime à y aviser. Je constate ici un lieau -riiliment de la liberté, sans vouloir nier ({ue l'action de Dieu sur le cœur de l'homme ne soit devenue à nos yeux hien plus acceptahie que son intervention dans le inonde physique. Et j'ajoute que cet esprit libre et fier, opposé à des Dieux cbez lesquels l'instinct et la tradition voyaient des forces naturelles plutôt et plus essentiellement que des aj^enls moraux, faisait perdre au sacerdoce une influence dont la divinité a coutume d'user par intermédiaires.
Après le sacrifice, la divination se présente comme le second point capital de la pratique religieuse des Grecs. Dès la haute antiquité, les devins étaient descendus de la Thrace avec les aèdes. Ce furent eux qui composèrent le sacerdoce proprement dit, à la suite dos armées, ou dans les temples, alors fort simples, tandis que les aèdes, missionnaires de l'art, poursuivaient une œuvre de civilisation en menant le peuple à l'école de la Muse et de ses libres chants. Toute la part d'influence que les prêtres e-xercèrent sur les hommes et sur les affaires, c'est à la divination qu'ils la durent. On connaît l'importance des oracles dans l'antiquité. Mais l'action du sacerdoce ne laissa pas d'être diminuée par la dispersion des sanctuaires, par un défaut de concentration propre au j^énie grec, et par celte liberté de l'inspiration et de la prophétie, par ce don de l'enthousiasme, de l'extase, si extraordinairement uni, dans beaucoup de tètes de ce peuple, aux fortes qualités de la réflexion. Ni ce d>M\ sul)Iime et dangereux, ni les superstitions infinies, ni la crédulité puérile, qui l'accompagnaient, ne cédèrent presque au progrès du temps et à la diiïusion des habitudes d'observation et de science. Jusqu'aux plus beaux temps de la philosophie morale, jusqu'à Socrate, à Platon, à Aristote et aux stoïciens, les meilleurs et les plus solides esprits crurent et consultèrent les oracles. Un moment, la raillerie et l'incrédulité firent irruption dans une certaine classe de la société; puis, le syncrétisme religieux et la propagande des idées orientales survenant, la chaîne de la foi au