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LES ORACLES. L INSPIRATION LIBRE

merveilleux se renoua, principalement dans l'école néoplatonicienne. Ainsi, l'on peut dire qu'il en fut de la divination comme des sacrifices. L'antiquité entière en conserva la tradition fidèle et y mit sa religion, pendant que des croyances d'un genre supérieur avaient à souffrir de l'inintelligence et du mépris du public, ou subissaient des altérations graves par suite des spéculations des philosophes ou de l'influence de l'étranger.

La divination eut des procédés bien variés, mais les principes en furent constants, et partout conformes à ce que j'ai montré chez les tribus primitives : même fondement physique, Vaccidcnt, c'est-àdire tous les faits externes sans cause appréciable acceptés comme signes des dispositions de la divinité; môme moyen psychique, le vertige mental, qui fait assurer sans réflexion la réalité d'un rapport dont la possibilité traverse sa p(Misée; ensuite, l'extase et les songes, l'enlhousiasme, le délire, l'état quelconque d'une âme à la fois passive et passionnée, état dans lequel les suggestions de l'imagination et de la mémoire, les fantaisies brodées sur un thème donné, enfin même le dictamen de la volonlé sourde et de la réflexion antérieure, prennent pour le croyant la forme de V inspiration divine. Il y aurait donc bien peu de différence entre le sorcier mongol, nègre ou peau-rouge, et la pythie sur son trépied de Delphes. Mais les Grecs imprimèrent un caractère de noblesse et de beauté à tous les éléments de leur vie religieuse aussi bien que civile. La musique et la plastique apportèrent dans leurs cultes, quel qu'en fût le fond, un idéal inconnu à d'autres nations. Artistes en tout, créateurs, doués du génie de la mesure jusque dans les transports de la passion, s'il était vrai que lame, dans un état de réceptivité mystérieuse et d'exaltation de ses forces profondes, pût rendre des oracles, assurément alors les prêtres et les prêtresses d'Apollon en ont rendu.

Cette inspiration personnelle n'était pas le fait du sacerdoce seulement : tout homme admis dans un sanctuaire, après avoir sacrifié, pouvait être visité par le Dieu, de nuit ou de jour, et souvent dans des lieux et des circonstances disposés savamment pour produire le songe ou l'extase. Enfin, j'ai fait allusion à ces signes nombreux, à ces présages qui partout et en toute occasion passaient pour des formes de révélation divine. Quoique multipliés capricieusement par leur nature, et on peut voir, en effet, dans les Caractères de Théophraste, à quel point 11 superstition populaire était parvenue à la fin dans cette voie, ils s'étaient classés de bonne heure en espèces et avaient donné lieu, par habitude et tradition, à une science fixe dont les devins de profession maintenaient les hases. Les principaux chapitres de cette séméiotique sacrée étaient les météores, le vol des oiseaux et les accidents du sacrifice. Parmi ces derniers, ce fut l'Étrurie, plus encore

LES EIDOLA ET LA PERMANENCE T>fDIVIDUELlE

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