QUESTION DE LA RACE KOUSCHITE
derniers. Nous voici ramenés à Cham, l'autre ancêtre dont nous avons à parler. Son vaste domaine, où prennent place les éléments sémitiques répudiés, est la contre-partie naturelle d'un domaine sémitique où d'autres races ont pu s'introduire.
Cham (le Chaud) étant la dénomination ancienne et originale de l'Egypte, comme les égyptologues l'ont prouvé, il est vraisemblable que la signification hébraïque de ce nom est résultée de l'impression que les Sémites reçurent du climat de la terre noire, la teire de Chémi. Le même nom servit à grouper les races du midi sous un chef unique. Ainsi donc, ici encore, nous trouvons un symbole géographique, parce que les peuples rattachés à Cham par la Genèse appartiennent en général à la région méridionale par rapport aux Hébreux; et nous rencontrons une valeur ethnologique en même temps, car l'Égyptien est aussi différent du Sémite que celui-ci l'est de l'Aryen.
C'est dans les fils de Cham seulement que paraît l'arbitraire passionné de cette classification des races. L'antique légende de la malédiction provoquée par un acte obscène du fils de Noah représente énergiquement la répugnance de l'Hébreu pour les mœurs impudiques et pour les religions qui admettaient l'exhibition et l'adoration de l'organe viril, comme symbole de la puissance génératrice physique. C'était le cas de l'ÉgypIe, qui est Cham; c'était le cas de Kanaan et des peuplades phéniciennes; c'est pourquoi Kanaan est déclaré fils de Cham {quoique S éînite pour nous) et maudit après lui, avec toutes les tribus sorties de lui.
Misraïm, autre fils de Cham, est une personnification plus particulière de l'Egypte : la légende ethnographique en fait émaner d'autres nations voisines, sans autre caractéristique probable que la nature des mœurs et des cultes. Mais celui des fils de Cham qui doit nous intéresser le plus est l'aîné, Kousch, père de Nimrod le fondateur d'empires. C'est en effet une importante question, de savoir si nous avons encore ici une branche considérable de Sémites, désavouée par les Hébreux, ou si nous sommes obligés de joindre aux trois races, que nous venons d'assigner, un quatrième grand peuple, un autre et le plus antique élément original des civilisations de l'Asie occidentale.
Le droit de la critique, et son devoir aussi, je le crois, est de rejeter l'existence de la race Kouschite, en tant que distincte de la famille sémitique dans son ensemble. Toutes les raisons puisées dans les faits l'exigent. En effet, le document ethnographique de la Genèse rattache à l'ethnique de Kousch deux sortes de personnages. Examinons-les successivement. Mais, avant cela, remarquons que Cham est donné pour le père de Kousch, de manière que si les fils de ce