SENS RÉEL DE LA DISTINCTION DES KOUSCHITES
leui-s apports moraux et religieux. La réussite dépend à peu près entièrement de la lecture des inscriptions cunéiformes de Ninive et de Babylone, ébauchée de nos jours d'une manière brillante, mais encore trop peu sûre (1).
En ce qui louche la race kouschite, question capitale pour l'antiquité sémitique, j'ai montré les raisons qui doivent nous faire considérer 1 ethnique de Kousch comme un embranchement du réel ethnique de Sem. Elles sont indépendantes de l'explication que j'ai essayé de donner du fond de la légende du Kouschite Nimrod, et portent essentiellement sur des faits avérés pour la philologie. La langue étant le critère auquel se reconnaît le Sémite, ainsi que tout le monde l'avoue, il faut rattacher à Sem, personnage mythique, au moins en ce sens, mais symbole utile pour nous, comme il le fut pour les Juifs, à titre de dénomination générale, tous les peuples dont e langage rentre dans l'espèce dite sémitique; et il faut en distraire les nations de lèvres différentes. Les Hébreux rapportaient à un miracle de Jéhovah cette confusion des lèvres qui les étonnait et le miracle les dispensait de tenir compte du langage dans la composition de leurs légendes ethnologiques. Mais les passions qui les animaient pour accueillir telle race dans la la famille de Sem, ou pour l'en bannir, sont trop claires pour que leur classement ait la valeur d'une objection contre le nôtre.
Quel motif est-il donc possible d'invoquer en faveur de l'introduction d'une race originale sous le nom de Kousch? On dit que les Sémites sont impropres aux grandes agglomérations et aux grands établissements politiques, et bornés, en religion, à une conception simple et unique de la divinité. Les civilisations matérielles des bords de l'Euphrate et du Tigre, les religions dont le culte de la nature est un élément capital devraient dès lors être attribuées à une race douée d'autres aptitudes. Mais si l'on va jusqu'au bout dans cette voie, on arrive à retrancher du sémitisme le peuple phénicien luimême, ce que nul n'admettra sans un parti-pris violent et presque impossible. Ou bien, pour maintenir aux Phéniciens leur titre de Sémites, il y aurait à prouver qu'ils ont été nomades de cœur, anarchistes en politique, et que leurs Dieux bien compris se réduisent tous à un. Le premier point est trop démenti par l'histoire ; le se-
(t) Je conserve cet alinéa de la première édition de mon ouvrage pour garder la traco de l'état où javais pu porter une partie difficile de mon exposition touchant les origines. Mais les assyriologues marchent aujourd'hui sur un terrain ferme. Je fais dans cette deuxième édition les corrections exigées par leurs découvertes. Elles me confirment sur un point capital: l'emploi des données chronologiques et historiques de Bérose.