LES DÉCOUVERTES CONCERNANT LA CHALDÉE
adopter, dans la première édition de cet ouvrage (1). Au reste, il importe de dire ici que les religions babylonienne et assyrienne, les sacerdoces de ces religions, formèrent une synthèse, si l'on n'aime mieux dire un syncrétisme vaste et confus des mythologies de toutes les provenances, ainsi que nous le verrons tout à l'heure. La langue chaldéenne fut conservée comme une langue morte pour certains cultes, et à rusa;;e d'une partie au moins du sacerdoce.
Cette langue, de l'espèce de celles qu'on nomme agglutinantes, se présente à nous, comme les langues de la Chine et de TEgypte, avec une écriture primitivement toute idéographique, et qui devint phonétique dans la suite en attachant la valeur de syllabes à des signes figurés qui, d'une part, représentatifs d'objets ou d'idées, correspondaient en fait, d'une autre part, à des sons articulés de la langue parlée. Le procédé est simple et naturel. Si, par exemple, l'image d'une étoile est, pour les Chaldéens, le signe écrit de la divinité, et si, en même temps, l'attribut de divinité se dit an comme signt' oral, cette même figure étoilée pourra servir à écrire la syllabe an dans un mot qui n'a plus aucun rapport avec l'idée d'un dieu. Et, lorsque, plus tard, le syllabaire de l'écriture chaldéenne aura <Hé adopté pour écrire également la langue assyrienne, cette étoile, ce signe d'un dieu primitivement, continuerait se lire an, quoique l'idée lie dieu, maintenant, se rende oralement par le mot ilou et non plus para« ou nm,ap. Je réduis ici à sa plus simple expression l'idée d'une méthode qui ne manque pas de devenir compliquée et obscure sitôt que viennent les combinaisons des signes, outre que ceux-ci s'altèrent rapidement dans la pratique des scribes et se trouvent à la lin méconnaissables. En réalité, la lecture et l'interprétation des ( aractères cunéiformes sont pleines d'incertitude, et l'étaient déjà pour les Assyriens qui étaient obligés de recourir sans cesse à leurs vocabulaires et à leurs recettes grammaticales, —il nous en est parvenu des exemplaires multipliés sur les briques servant aux inscriptions, pour remédier aux équivoques provenant de l'affectation des mêmes signes hiéroglyphiques à des valeurs différentes de prononciation et à plusieurs sortes d'idées.
On ne laisse pas de pouvoir restituer avec certitude à l'histone des annales qui semblaient perdues sans ressource, et aux origines religieuses une section entière d'un grand intérêt. Il ne ào-a pas inutile de résumer ici très bi ièvement les principaux résultats historiques acquis à la critique. La vérification de la chronologie deBérose, et de s^es dynasties babyloniennes ou assyriennes, à partir du moment où les durées qu'il leur assigne perdent l'aspect mythique et devien-
(1) Essain de crUitiue génénile, Qnatn^nn t^sai, p. 6ël sq.