LES DECOUVERTES CONCERNANT LA CUALDEE
nenl admissibles, est le point fondamental. Nous pouvons prendre pour un repaire assuré du calcul des temps l'intervalle de 1559 à 1314 avant notre ère, comme correspondant, en veitu des inscriptions, à la dynastie d'une durée de 245 ans, que Bérose qualifiait par la domination de « onze rois arabes » à Babylone. Cette époque répond à celle des conquêtes égyptiennes en Asie (sous les Pharaons des XVIIPet XIX* dynasties), et ces rois peuvent être des gouverneurs de race sémitique établis par le vainqueur dans le pays conquis pour le tenir sous sa dépendance. Descendant et remontant à compter de chacune de ces deux dates dont la dernière est précédée par un temps de révoltes et d'anarchie, nous trouvons :
1° En descendant, les commencements de l'empire ninivite, ou assyrien, la conquête de la Babylonie par un roi de Ninive (Teglat- Samdan) et une suite à peu près régulière de rois porteurs de noms sémitiques. La triade Ninus, Sémiramis et Nynias, inconnue à Hérodote et à Bérose, s'efface de l'histoire, où Ctésias paraît l'avoir introduite, à l'époque des rois perses, dans un intérêt politique. En continuant à descendre, la suite des inscriptions fournit les dates de la chute et du relèvement de l'empire d'Assyrie, les viei.^situdes de Babylone, le syncronisme avec l'histoire des rois d'Israël et de Juda dans la Bible, etc., etc.
2° En remontant, nous trouvons, à Babylone, la suite des rois de la dynastie que Bérose dénomme chaldéenne (49 rois et 458 ans), qui nous conduit à Tan 2017. Au-dessus, et de 2017 à 2065, se place l'intervalle inexpliqué de 48 ans pour onze rois; et, au dessus encore, la période occupée par la dynastie médique (huit rois et 224 ans), qui répond certainement à l'empire de la race touranienne, race dominante dans l'antique Médie. C'est pourquoi Bérose qualifiait de tyrans ces conquérants mèdes. Conduits ainsi jusqu'à l'an 2289, suivant un calcul déjà indiqué ci-dessus (1), nous n'avons plus devant nous que le nombre fabuleux de 33.091 ans que Bérose applique à une dynastie de 86 rois régnant depuis le déluge de Xisouthos. Reprenons en peu de mots la question du déluge chaldéen.
Dans les limites approximatives entre lesquelles il est vain de chercher à établir des dates rigoureusement fixées, pour la chronologie des hautes époques, c'est une coïncidence assez remarquable que celle des deux moments où l'histoire de la Chine et celle de la Chaldée arrivent en remontant à la partie décidément incertaine de leurs annales, caractérisée des deux parts par des événements que les chronologistes de la vielle école, et Fréret lui même identifiaient avec ce que la tradition hébraïque a fait appeler « le déluge» : an 2297, soixante
(1) Voyez le c. xxn ci-dessus, p. 399.