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LES DÉCOUVERTES DANS LA CHALDÉE

L'érection de ces temples par le même souverain dans plusieurs villes que Ton sait avoir eu leurs cultes locaux, et probablement une indépentlance politii^ue plus ou moins sujette à intermittences, est l'indice d'une sorte de mission relijîieuse, comme il y en eût en É'^viite à différentes époques, entreprisi- par un prince qui use de son autorité pour donner la supréinaiie au culte qui a ses préférences, et asseoir d'autant mieux sa propre domination. Mais rien n'indique, en ce même temps, Texistence d une division profonde ou de conflits entre des religions, non plus qu'entre des races. L'unité est df-jà faite alors des deux élément- ethniques principaux dont nous avons vu que se composait la population d.s vallées de TEupluate. La disposition polythéiste des esprits, ainsi que l'anaht^ie d.*s id.M's cultuelles en bien des cas, étaient de nature à ména^-er une sorte d'entente générale pour une tolérance qui n'exclut pas h- zèle. Mais surtout une syth^se de pénélration mutuelle H ffiite entre l'apport religieux

touranJen, qui avail sa mylholoi.i. ~ i - ciale et son système de magie et de divination, avec des ptvlies sp. ciaux voués au service de la superstition, dune part, et l'a{)|..Ht K..iiv,l,iio, d.» l'autre, dunt les cultes astrolàtriques étaient le caractère essentiel. .Vu premier se joignait l'écriture, don inestimable pour la civilisation et phénomène dillici.e à expliquer dans cette branche d'un.' race qui ne s'est nulle part ailleurs signalée par de jurandes aptitudes d'ordre rationnel et scientihque. Maisau second ap|.artiennent l'initiation aux sciences, du moins empirique , rétablissement d'un système d^^ mesures, l'ardeur industrielle, la passion des constructions, celle du gouvernement et de la centralisation, avec ses bienfait s et ses vices, entin le goût singulier et très vif de l'observation astronomique et les cultes singuliers qui s'y sont joints.

La répugnance à admettre la part tonrarienne des origines chaldéennes, chez plusieuis d. ^ s ivanfs philologues ou archéologues qui ne se sont pas occupés spécialement des découvertes assyriennes, est motivée par cette faiblesse relative dont je viens de parler des dons intellectuels des différentes races qu'on a coutume d'assembler sous ce nom de touran; mais, après tout, l'invention de l'écriture autant qu'on le sache, est le seul faitéminent dont il y ait ici à rendre compte, et l'exemple de la Chine doit diminuer notre étounement, puisque l'écriture est de toute antiquité dans la Chine, et que l'ethnique Chinois

uèreOrham. ne fût atit* • i"" ff"'rf>,i,r <.u th, ,iham qui, >uivaiit une li''gende du pays de Padd,iu-Araui ibstilué !-• .acrilîce .lu cl.ovreau

aux sacrifices humains (E. Hciiau. Ilis one <iu />,-nple d'i t. l, p. 16).

Tout cela est f'ni arbitraire. E. Reiiau peuse aussi (ibid., p. ».ij que, dans les eoviroos du Paddau-Aram, « le mot laou, ou lahvé parait avoir été employé pour désîguer Dieu ». Eu effet, il n'y a là rien d'impo8»it>lel

n'est pas sans similitude ou parenté avec celui de telle des familles humaines qualifiées de touraniennes. Une écriture idéographique grossière n a rien que de parfaitement naturel chez un peu[de encore très peu développé; car elle peut se borner d'abord à des représentations élémentaires propres à satisfaire un goût esthétique, autant ou plus qu'à servir au rappel des faits et à la conservation des annales. Elle s'emploie avec une extrême facilité à désigner les objets de l'adoration et du culte. Il y a plus, c'est que les caractères idéographiques, simplifiés et altérés comme ils le sont toujours par l'habitude d'écrire^ et réduits à des combinaisons de signes simples et identiques entre eux, diversement disposés, engendrent une sorte de symholi.xme de genre abstrait, favorable au développement de l'intelligence, lisse prêtent aussi à l'un des procédés les plus communs de la divination, fondée sur ces mêmes combinaisons dont on demande au sort la production variée, comme dans la Chine antique (i) De ces différents usages, la transition semble presque inévitable à celui qui, grâce à la naturelle association d'idées entre le signe écrit et le mot oral qui a la même signification, conduit à l'institution spontanée •l'une écriture syllabique. Il n'e.st donc point inconcevable que la tribu touranienne d'Elam et de Chaldée, dont la présence en cette contrée peut être supposée aussi ancienne que le permet la géologie par les attérissements de l'Euphrate et des fleuves susiens, y ait apporté ou créé le système d'écriture qui était destiné à servir à l'enregistrement des annales des empires de Babylone et de Ninive.

Au reste, il ne faut pas présumer de pouvoir distinguer d'une manière bien précise les œuvres d'antique civilisation, en rapport avec des races qui étaient déjà trop fondues, à l'époque où il nous est possible de remonter, pour qu'on découvre des traces d'une lutte entre des idées ou des coutumes religieuses différentes d'esprit et d'origine comme celles qu'on a ici à énumérer, et dans lesquelles il y aurait à faire leurs parts aux croyances primitives et au travail d'assemblage et de systématisation accompli par des sacerdoces :

1° Le cultedes«?5/9n/5, analogue à celui qui futde toute antiquité dans la Chine, et qui se conserve encore en de nombreuses tribus, surtout septentrionales. Ce culte était développé et détaillé, avec les pratiques de divination et de magie qui s'y rattachaient, à un degré qu'on n'a pas vu ailleurs, et qu'on n'aurait pas cru possible avant la découverte des « hymnes magiques »; ce qui tient certainement à l'existence d'un corps de prêtres, au lieu des sorciers isolés des races sans civilisation, parce qu'il dut s'opérer une extension méthodique des produits de l'imagination spontanée du peuple, à ceux que la réflexion

(1) \oyez ci-dessus, c. ix, p. it)4.

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