‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire [microform]. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 35 sur 253 · ÉTABLISSEMENT DES RACES ÉTHIQUES · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENT DES RACES ÉTHIQUES

de vie et de mort. Aucune race, aucun groupe social certainement n'y ont échappé. Remontons encore une fois à l'antiquité la plus haute, et voici ce que nous pourrons constater avec autant d'assurance que si nous eussions été témoins et acteurs de ces scènes fatales. Certaines tribus adoptèient pour unique solution du problème de la vie, la chasse de l'homme, les guerres d'extermination, l'anthropophagie. De là vinrent aussi les sacrifices humains ; car, sous l'impression de l'horreur des actes, s'engendrèrent des idées religieuses en harmonie avec les pratiques. Ces tribus, il est douteux qu'elles aient jamais pu se relever, du moins sans un secours étranger. Certaines autres résistèrent au mal, mais passivement, et courbèrent la tête en laissant la nature accomplir son œuvre de destruction. Les dernières souffrirent aussi avec patience, mais rien au delà de l'inévitable, et, pensant à l'avenir dans les maux du présent, se créèrent courageusement la ressource du travail ou celle des migrations. Cette triple disposition morale est encore facile à observer dans les cas analogues, même sur un radeau parmi des naufragés, là où cependant il n'y a que peu de place pour les inspirations du devoir et de l'énergie. Par tout ce qui précède, on voit de combien de causes ou d'occasions ont dû résulter les scissions morales et matérielles de l'humaiiilé, dans le développement de la liberté, et de combien de manières a dû se produire la guerre, une des formes essentielles du mal, celle dont le nom peut servir de terme générique à toutes les autres. Lorsque de très profondes différences en mœurs et en idées, en vices et en vertus, se furent creusées entre des races soit primitivement étrangères, soit congénères mais dispersées, la guerre se trouva être en quelque sorte naturelle, l'esclavage naturel, la conquête légitime, les castes justifiées : l'activité humaine n'avait plusses mobiles dans les régions de la simple justice et de l'universelle bienveillance. Et quand des familles, autrefois très proches, se rencontraient sur la tei re et ne se reconnaissaient plus, il fallait que les unes se fissent place en refoulant les autres ou en les soumettant. La victoire était aux plus héroïques, c'est-à-dire à ceux dont les crimes étaient les plus mêlés de vertu. L'esclave était celui dont Aristote a dit que la vraie nature était la sujétion, l'unique vertu l'obéissance. C'était aussi trop souvent celui à qui Jupiter prenait avec sa liberté sa vertu, selon l'observation d'Homère. Le maître corrompait l'esclave, ensuite l'esclave corrompait le maître, et les fils des héros n'étaient que des geôliers et des bourreaux.

J'ai fait abstraction de l'unité ou de la diversité d'origine des races. Ainsi le voulait mon sujet, parce que j'avais à établir dans la question du bien et du mal quelque chose de supérieur à la race même, à la race physique primitive. Je crois avoir fait comprendre, en effet,

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