DU COMME ?(CEMENT EMPIRIQUE DE LA RELIGION ET DE LA RÉFLEXION
de partir de là pour n'envisager que des différences de déférés dans les facultés mentales ei les dispoaifions morales, soit qu'on les observe entre un singe supérieur et un poisson ou entre l'iiomme et ce sinj-e supérieur, ce qui résoudrait la plua grande dif/icullé. Il faut, au contraire, n'ayant aucune preuve d'ordre expérimental de la transition graduelle du singe à riiomuie, examiner d'abord impartialement si les facuUi'S mentales et les dispositions morales comparées, rapprochées de l'un à l'autre des deux intervalles ci-dessus désignés, se prêtent à une définition commune ou se rapportent à des formes psychiques trop différentes pour souffrir la continuité d'un seul et môme développement. C'est de cet examen que dépend la possibilité logique d'admettre le principe f/pn/ral de rrvolufion comme applicable au cas en question, sans rien préjuger d'ailleurs sur cette autre question : de savoir si l'intervalle dn poissa,} au singe supérieur ou celui de liti^'^cte parasite à la fourmi ont pu être franchis par la voie d'une tianhfurmalion graduelle. Pour m'en tenir ici au point de vue psychologique, j'olijecteà l'évolutionisme l'identité du procédé mental chez le poisson et chez le singe supérieur, et l'irréductibilité de ce procédé au procédé humain. Le premier, dans toute sa généralité, pris dans n'importe quelle espèce, n'implique rien de plus, en matière de détermination à l'acte, que des sensations, des émotions, des actions réffexes, des associations d'idées, la mémoire et des imaginations j.ortant sur le futur; le second suppose de plus la conscience réllécliie <les possibles, la spéculation sur les alternatives de la décision mentale, la conduite de l'esprit, enfin la formation des concepts, d'où le raisonnement formel et la parole.
Tout ceci ne touche pas encore à la question de la moralité. Quelle que soit la distance entre la force et la portée d'une intelligence et celles d'une autre intelligence, ou pourra touj"urs la supposer franchie par une évolution, à moins, comme on vient de le voir, qu'on ne puisse y marquer parla pensée des degrés d'un bout à l'autre (1). Mais quand il s'agit des actes moraux, c'est-à-din? des actes qui sont faits sous la représentation formelle de deux résolutions possibles, l'une conforme, l'autre contraire au devoir, il devient logiquement impossible d'admettre que la faculté de se former une représentation de cette espèce
(1) Qu'on n'objecte pas l'évolutiou qui a lien cliez l'iiomme lui-m'-me. l'iodivida, depuis l'eiifaQl jusqu'à l'adulte qui jouit de la raison; car non seulement il s'agit, en ce deruit^r cas, d'un développement dont la puissance est donnée et la fin fixée d'avaac»-, depuis et avant l'embryon, mais il n'est pas possible d'y suivre un pr.isrrés continu, à degrés insensibles. On saisit, au contraire, les inomenls fortement ditT-T-Mirits où, l'organisme et les autres conditions externes étant venus à point, des actes mentais jaillissent qui tranchent par la formelle énergie de la réflexion et de la délibération sur le fond d esprit iuslinclif et tout déterminé de l'homme animal.