‹ Introduction a la philosophie de Hegel A. VéraChapitre 16 sur 31 · DE LA MÉTHODE EX GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE LA MÉTHODE EX GÉNÉRAL

vages sont exactement les mêmes. Ce qui fait leur différence , et ce qui fait la supériorité d’une religion sur l’autre, c’est la notion qu’elles se font de Dieu et de la nature divine. Et cette dernière connaissance est tellement impor-

tante, que la première ne saurait subsister sans elle.

Supposons, en effet, que nous ayons affirmé, en vertu d’une faculté quelconque, d’une intuition , ou de ce qu’on appelle croyance instinctive et naturelle , l’existence de Dieu , et qu’ensuitc, lorsque nous pénétrons plus avant dans la connaissance de Dieu , nous trouvions dans sa nature des contradictions insolubles et des impossibilités, la première affirmation s’évanouirait par cela même. Enfin, nous rappellerons ici ce que nous avons fait observer plus haut, à savoir, que lorsque nous affirmons que Dieu çst, ces mots n’ont une valeur, une réalité, qu’autanl qu’ils expriment une idée. Supposons que par le mot Dieu nous entendions l'être infini, l 'être parfait. Il faudra que nous recherchions ce que c’est que l’être parfait, et que nous déterminions cette idée en la décomposant en ses éléments et en ses caractères essentiels. Il en est de même du. mot est. Car, en disant que Dieu est, nous n’entendons pas qu’il est à la façon des choses sensibles et finies, mais qu’il est d’une façon spéciale et adéquate à la nature divine. Il faudra, par conséquent , rechercher ici aussi ce que c’est qu 'être d’une manière absolue. Or, toutes ces recherches exigent évidemment l’emploi de la méthode.

Il serait aisé de démontrer par des considérations analogues que toute autre connaissance, la connaissance de l’Ame, de la nature et de leurs rapports , n’est possible qu’à la même condition.

Nous ajouterons ici, que la difliciillé que l’on éprouve à saisir le rapport de la méthode et de l'être, vient de l’absence de cette condition essentielle de la connaissance que nous avons signalée, et sur laquelle nous aurons encore occasion de revenir de l’absence , voulons-nous dire , d’un procédé systématique, ou, pour parler avec plus de précision, de la méthode elle-même. C’est là ce qui fait qu’on prend comme au hasard ces formes de la pensée, ce que la logique ordinaire appelle terme, proposition, définition, rtc., qu’on les place les unes à côté des autres d’une manière extérieure et empirique, sans rechercher ni ce que vaut chacune d’elles, ni d’où elles viennent, ni quels sont leurs rapports. On se comporte ensuite à l’égard de l’ensemble de ces éléments comme on s’élail comporté à l’égard de chacun d’eux en particulier, et l’on place ces formes -v

à côté de l’être, la Logique à côté de l’Ontologie et de la Métaphysique, et on les considère comme deux mondes indépendants, ou si on les rapproche, ce n’est que pour les unir par un lien extérieure! purement verbal. Et c’est ainsi que la vue instinctive et profonde de l’unité de la science s’égare, et, avec l’unité, la science elle-même, et, qu’au lieu de posséder là science, on n’en a que des fragments, disjecla tnrtnbra, des lambeaux incohérents, contradictoires , qui ne vont pas au même but , et que le même esprit n’anime pas*.

1 Yoy. plus haut , $ 3 , el plus bas, chap. IV, §§ 4 et 5.

- Yoy. cliap. IV, § 1 el suiv., et prœsertim § 5, et cliap. V, § !.

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