‹ Introduction a la philosophie de Hegel A. VéraChapitre 17 sur 31 · IL Y A UNE IDÉE POUR CHAQUE CHOSE · texte numérisé non relu

IL Y A UNE IDÉE POUR CHAQUE CHOSE

Si la méthode est la forme, la méthode absolue sera la forme absolue, et la forme absolue de la connaissance et de l’être tout à la fois.

Mais quelle est cette science absolue où la forme et l’être, les lois de l’intelligence et les lois de la réalité se confondent, et ne sont que deux modes, deux éléments indivisibles d’une seule et même existence?

Nous voici arrivé au cœur même de la philosophie de Hegel. Et ici ce n’est plus de la science en général, mais de la science telle que Hegel l’a conçue, que nous avons à traiter.

Suivant Hegel , la science absolue est la science qui connaît par les idées et dans les idées, ou V Idéalisme , et une telle science ne peut se fonder qu’à l’aide de la Dialectique.

L'Idée et la Dialectique , voilà les deux éléments constitutifs de la philosophie de Hegel.

On ne pourra , par conséquent , se rendre compte de cette doctrine qu’aulant qu’on se fera une notion claire et complète de ces deux éléments. Nous allons, à cet effet, appeler l’attention du lecteur sur quelques points essentiels qu’il faut avoir toujours présents à l’esprit, pour bien saisir la vaste et profonde conception de ce prodigieux penseur.

11 importe d’abord de se pénétrer fortement de ce prin-

CHAPITRK IV.

cipe , qu’il y a un inonde idéal , qui enveloppe le inonde de la réalité sensible, qui en fait le fond el la substance, el que, par conséquent, il y a une idée pour toutes choses, pour tous les êtres et pour tous les modes ou formes de leur existence \

Il faut se rappeler d’abord , à ce sujet , ce que nous avons ' établi précédemment, à savoir, que la pensée et l’idée sont inséparables, et que là où il va idée, là il va aussi pensée , et là où il n’y a pas d’idée, là il n’y a pas non plus de pensée. D’où il suit: 1° que la pensée se produit, se développe et s’achève avec l’idée , et qu’il existe entre les choses et l’idée le même rapport qu’entre elles el la pensée; 2° que, puisque connaître c’est penser, et que là où s'arrête la pensée, là s’arrête également la connaissance , la connaissance ^et l’idée sont aussi inséparables ;Jentin 3°, et comme conséquence de ce qui précède, qu’autant il y a de déterminations de la pensée et des objets auxquels la pensée s’applique, autant il y a d’idées, et que plus on pénètre dans la nature de l’idée, et plus l’on a une connaissance complète et adé- , quate de l’objet. Or, la pensée pense toutes choses. Seule entre tous les êtres; elle possède la vertu merveilleuse de revêtir toutes les formes el de s’approprier toutes choses. Car elle pense le général et le particulier, l’infini et le fini , la loi et le phénomène, l’entendement el la liberté, l’dme et le corps tout ensemble. Kl l’existence la plus humble comme la plus haute, le ciel et la terre, et ces masses immenses qui roulent dans les vastes étendues de l’espace,

1 Platon a pon} ce principe dans la République o t plus explicitement encore dans le Patmcnule . mais il ne l a réalisé que d’une manière incomplète. Yoy. § suiv. , et pr&sertim $ 5.

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