‹ Introduction a la philosophie de Hegel A. VéraChapitre 18 sur 31 · IL Y A UNE IDÉE POI'II CHAQUE CHOSE · texte numérisé non relu

IL Y A UNE IDÉE POI'II CHAQUE CHOSE

et l’insecte obscur qui rampe à la surface de la terre, tout est ouvert à l’investigation et à l’action de la pensée , tout vient se réfléchir en elle sous la forme la plus simple, la plus claire et la plus parfaite.

Mais si la pensée qui pense tous les êtres, ne les pense qu’à l’aide de l’idée, il suit nécessairement qu’il y a une idée pour toutes choses.

Cependant on est, sur ce point, moins condescendant à l’égard de l’idée qu’à l’égard de la pensée. Car ou admettra assez volontiers que la pensée a la faculté de s’applupier à tous les objets, mais, lorsqu’il s’agit des idées et de leur rapport avec les choses, on fera une espèce de. triage, et on ne voudra point reconnaître que toutes les choses ont une idée qui leur [correspond. Ainsi, on admettra bien les idées de la justice, du bien, du beau, mais on se refusera à admettre l’idée de corps , de plante, il 'organisme, etc. Or, il est aisé de voir que ce choix est tout à fait arbitraire, et qu’il ne repose sur aucun fondement. Kl , en effet, de quelque manière qu’on envisage l’idée , et quelque valeur qu’on lui attribue, qu’on en fasse une essence ou une simple forme de la pensée, ou il laul admettre qu’il y a une essence ou une forme absolue pour le corps; pour la plante, pour la lumière, etc., comme il y en a une pour Injustice, l’infini et le bien, ou bien il faut les nier pour ces derniers connue pour les premiers.

La difficulté et la répugnance qu’on éprouve à attribuer des idées à toutes choses, viennent principalement de ce qu’on ne se pénètre pas suffisamment de ce principe, que l’invisible et l’idéal constituent l’élément essentiel de toutes les existences, de la nature et de l’esprit, de l’Ame cl du

corps, ainsi que de loin- rapport '.On admet, il est vrai , ce principe d’une manière générale, mais, comme on ne s’en fait pas une notion exacte, on l’abandonne, lorsqu'il s’agit de l’appliquer, ou on ne l’applique que d’une manière arbitraire, et l’on se donne par là les plus étranges démentis. C’est ainsi qu’on dira que Dieu est un être immatériel et invisible, et, en même temps, qu’il est le principe de la nature, en ajoutant que la nature et le monde visible n’ont pas leur raison d’être en eux-mêmes; ce qui ne peut vouloir signifier autre chose, sinon que la raison, la cause et l’essence dernière de la nature résident en Dieu. Mais, si l’on dit que l’idée est, ou le principe, ou un élément essentiel de la nature, on repoussera cette opinion par la raison qu’un élément purement intelligible ne saurait être le principe de la matière, du mouvement, etc. Comme on le voit, on rejette ici ce que l’on avait admis d’abord sous une autre forme, et on le rejette en vertu du même principe qui l’avait fait admettre*.

Nous avions donc raison de dire, ou qu’il faut nier toutes les idées, ou qu’il faut les admettre toutes, et les admettre au même titre. Par conséquent , de même qu’il y a les idées du bien, du vrai, de l’intini, etc., de même il y aura les idées de quantité, de nombre, de lumière, d’animal, de vie et de mort5, et même de ce qui parait s’éloigner le plus île la nature de l'idée, les idées, voulons-nous dire, de la matière, du phénomène, de l’individu1 2 * 4 et du moi.

1 Conf. plus bas , S 3»

2Conf. cliap. IV, § 5.

3Voy. sur la mort, cliap. VI , cl appendice 11.

s Le principe de V individuation des Scolastiques n’a pas d’autre signification. * lllic (in mente /ici),. dit Bernard de Chartres , platonicien du douzième

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