ANTINOMIES DE KANT
scientifique, qu’il est plutôt le produit de la jeunesse que de la maturité de la pensée, d’une vive et riche imagination que de cette intuition profonde et réfléchie, qui est le résultat des procédés sévères de la science.
Si maintenant nous cherchons dans ces directions, dans ces tentatives diverses de la philosophie allemande, une tendance et un élément commun, nous verrons que toutes obéissent à une même impulsion , que toutes se concentrent sur un seul et même point, la pensée et l’idée. Les catégories de Kant, le moi de Fichte, l’absolu de Schelling, c’est au fond toujours la pensée, qui s’efforce de saisir, par des voies différentes., dans son activité, dans ses lois et son essence, c’est-à-dire, dans l’idée, les lois et l’essence des choses. Mais c’est encore une pensée timide et enveloppée, une pensée qui n’a pas la libre et pleine possession d’ellemême, qui se cherche, pour ainsi dire, et ne se retrouve pas dans ses propres produits. Faire franchir à la pensée ce dernier degré , s’en emparer d’une main ferme, la conduire, par une méthode sévère, à travers toutes les formes de l’existence, et en faire jaillir la vie et la nature intime des choses, c’est là ce que se propose la philosophie de Hegel.