SCOL ASTIQUE ET SCIENCES MÉDIÉ VA LES
chez un Scot Einugène (ix'* s.), s'accuse chez un Abélarcl (xf s.), pour apparaître triomphante au xif siècle dans ces déchirations do Hugues de Saint-Victor : - Sunt enini (soptem artes libérales) quasi optima quaedam instrum.Mita et rudimenta quibus via paratur animo ad plenam philosophicae veritatis notitiam ^^ ^ ) . Elle cadre enfin avec la systématisation des sciences adoptées par le xiif siècle.
48. Cette systématisation fut définitive, lorsque hi rcvéhition des grandes œuvres d'Aristote vint doimer aux études une impulsion nouvelle. Les arts libéraux ne sont pas rayés du programme, mais leur nature d'étude préparatoire est nettement établie^); et plusieurs de ces matières réiipparaissent dans une class'Kcation plus v«iste. Cette classification est périj)atéticienno par son esprit cl par ses origines ; elle pivote autour de la notion aristotélicienne de hi snpieniid ou même de la sclcntia au sens le plus profond du mot. En voici la teneur générale.
Les sciences particulières sont consacrées à l'étude détaillée de la nature; chacune d'elles s'occupe d'une catégorie d'objets tombant sous nos observations et les saisit
») Erud, didasc. 1. III (éd. Migne, t. 176), col. 763. Cité par Ma riétan, op. cit., p. 141.
-) A preuve ce texte de saint Thomas, à propos de Topinion similaire de Hugues de Saint-Victor : « his (c'est-à-dire les arts libéraux) primum erudiebantur qui discere volebaut philosophiam ; et ideo in trivium et quadrivium distinguuntur eo quod his quasi quibusdam viis yivax animus ad sécréta philosophiae introeat. » In lib, Doetii de Trinitate, q. V, a. 1 (éd. Vives, p. 528, t. 28).
il2 LA PHILOSOPHIE SCOL ASTIQUE
SOUS ce l>iais spécial qui doliuihc Tolycl formol de la science, lui donne sa spéciHcitc, inspire ses princij)es et sa mjlhode. Une déclaration exeniplative rapportée plus haut sur la diversité de la science astronomique et de ce que nous appellerions aujounriuii la physique, servira à fixer les idées en celte matière (5).
Que renseignement intégral de la philosophie comportiit, au xiii*" siècle, des matières scientifiques, on peut s'en convaincre en inspectant le règlement édicté par la faculté des arts de Paris, le 19 mars 1255, de Uhris qui Icr/cndl essent, Y sont imposes les commentaires de divers traités S'.'ientifiques d'Aristote, nolammont du premier livre des météores, des traités du ciel et du monde, sur la génération, sur les sons et les sensations, sur le sommeil et la veille, sur la mémoire, sur les phmtes, sur les animaux.
Il y avait là,amplemc;n(, pour les m'ffjislri.ih) quoi familiariser les - artistes ^ avec l'astronomie, bi l)otaiii(iue, la physiologie, hi zoologi(\ vSans compter que le traité lUi Phijsiqiœ d'Aristote, également imposé comme texte classique, donnait ouverture à de noml)reuses observations de chimie et de physicpie au sens contiMnporain de ce mot.
Mais ce coup d\eil analyticjue sur les divers départ(^ments du monde sensible n'épuise pas h» connaissal)le, et l'esprit humain ne se déchire j)as satisfait de celte revue encycloj)édique et fragmentaire. Suivant la conception aristotélicienne et scolastique, la science par excellenco, ou la pliih)sophi(», étant uik^ connaissance d(» la nalure