SCOLASTIQUE ET SCI EXCES MÉDIÉVALES
intime dos clioses, exige un niouvenienl régressif de la {)ensée. « Elle a pour but, non [)Ius de découvrir par voie d'analyse, soit directe, soil rértéchic, des objets nouveaux de connaissance, ninis de rendn* compte sijnthctiqucmcnt des résultnts ol)tenus par l'analyse î^^). (iuand Tétude do la nature par le détail est conduite assez loin, - une réilexion plus pénétrante peut suggérer des recherches d'un ordiv nouveau : Les êtres et les grouptvs d*étres obstu^vés isolement, ne pourrait-on les envisnger dans leur ensemble et rechercher ce qu'ils ont de commune Si on leur découvrait, par un eUbrt d'abstraction, un objet intelligible connnun, ne pourrait-on par le moyeu de cet objet intetticjibte commiot, c'est-à-dire sijnthétiqiicmcnt, mieux comprendre les résultats obtenus par le travail antérieur d'analyse? Tel est robj(»t de la science proj)remciit dite, celle qu'Aristote n[)pelle la connaissance des choses par 1<hu\s caus(^s ou bnu^s princij)es et ((u'aujourd'hui nous aj)p »lons do préfére!ice du ]iom do philosophie rt 2). {^n philosophie devient ainsi la science par excellence, parce qu'elle poursuit une ex[dicati(m synthétique et déductive d(»s chos(»s. FAle est une manière de tout savoir, car la raison par hiquelle elle sait domine l'injmensité du réel. Sapieutid e>t scierdia fjitae co)isidei'(it jtrinuis et ttnive)'S(des causas ^),
•) Mercier, Ontologie (Louvain, 1903), p. 18.
«) Ibid., pp. IMII.
^) Thomas d' A q u i n , In Metaph.^ l. 2.
49. Or, ta la suite crAristoto, les scolasliques précisent la nature de ce travail synthétique; et conmio l'abstraction est la loi de Tesprit (§ IG), ils découvrent dans les choses ()bserval)les, un triple objet intelligilde commun, fruit d'un triple processus d*al)s(raction, chaque processus renchérissant sur le précédent par la profondeur et par la généralité de la réalité saisie.
La classification de la i)hilosophie sj)éculative en Physique, Mathématique, Métaphysique, repose sur ce triple degré de la considération synthétique ou régressive de renseml)le des choses. On la retrouve à la première i)age de la métaphysique d'un Avicenne, tout comme elle est au frontispice des œuvres d'un saint Thomas ^). Aucune classification scientifique ne pourra jamais rivaliser do pérennité avec elle, puisqu'elle demeura en vigueur depuis Aristote jusqu'à Descartes, et qu'elle peut encore aujourd'hui soutenir avantageusement le parallèle avec les classifications modernes les plus répandues.
La Phj/stqiœ, entendue au sens ancien et étymologique du mot 'fjîî-, étudie les choses sensibles en tant qu'elles sont sujettes au mouvement. La botanique ou la zoologie négligent les déterminations propres à (elle plante ou à tel animal bien individualisés — car il n'y a de science que de l'universel — ; mais les réalités que ces deux sciences
*) Avicenne, Metaphysica, éd. Venise 1495, fol. 1, RA. — Thomas d'Aquin, Iii lib. Boetii de Trinitaie^ q. V, a. 1 et aiUeurs.