SCOL ASTIQUE ET SCIENCES MÉDIÉVALES
nbstrAirnt dans la plante ou dans ^animal, ou dans les diverses classes de planU^s ou d'atûniuix, sont des déterminations forcément restreintes à un groupe d'êtres vivants. La physique au contraire saisit une réalité qui n'est le propre d'aucune classe de corps, puisqu'elle appartient à tout coi'ps comme tel : le changement corporel et la nature intime du corps soumis à la loi du changement.
A travei'S ses div(n*s typL\s de ch ingem3nts, tout corps demeure affecté d'une propriété fondamentale, la quantité. S'alïsorher dans l'étude de cette propriété, en elfectuant par la ])ensé3 la séparation de la quantité d'avec le corps même qui est quantifié, ne retenir qu? la quantité comme telle, la quantité intelligible, telle est l'œuvre des Maillémaliques,
La Métaplujsifptc ou la 7)r(iisph;/sûjuc, aj)[)(vlée parfois aussi Thcolofjic, s'élève d'un degré encore dans ral)straction et par conséquent dans la généralisation. Elle néglige la réalité du cliangement grâce à laquelle le cor[)s se manifeste au physicien, — la quantité qui est la propriété fondamentale, l'inséparable attribut du corps, — pour étreindrc l'être même des choses, leur substantialité. Que si les choses où le métaphysicien puise s^s idées sont de nature sensibles et matérielles, il les considère à part de leur matérialité. Ainsi la scicMice do l'être fut indifféremment aj)[)elée la science do l'immatériel.
Physique, mathémaiique, métaphysiiiue : telle est la trilogie de la philosophie spéculative ou du savoir synthé-
IIG LA PHILOSOPHIE SCOL ASTIQUE
tique de Tc^rdrc universel. Ces notions seront considérées de plus près quand nous passerons en revue les doctrines fondamentales de cliacunc de ces sciences (Jijg 12-17).
Pour adiever ce tableau de la classification de la i)hiloso[)liie. il convient d'ajouter au groupe des sciences spéculatives où le savoir désintéressé est à lui-même sa fin, un groupe de sciences pratiques qui subordonnent le savoir à raccomplissement de nos actes ou de nos anivres. «Theoricus sive speculativus intellectus in hoc proprie ab operativo sive practico distinguitur, quod spocidativus Iiabet pro fine veritntem quam considérât, practicus autem veritatem considcratam ordinat in operationem tamquam in finem«^). La logique qui ordonne nos connaissances pour assurer par leur ngencement normal Tactiuisition du vrai, la ^noralc qui dispose nos actes libres pour nous conduire à la fin dernière, sont les deux sciences pratiques qui furent surtout cultivées. Les préliminaires de la logique sont la grammaire et la rhétorique, dont la faculté des arts de Paris organisa renseignement officiel, conformément à resj)rit (le Tantique t)irinm. D'autre part à la morale se rattachent les études historiques, i)rincij)alement l'histoire bibli(iue et une partie de ce grand département qu'on appelle aujoiu^d'hui les sciences sociales ^).
*) Thomas d'Aqiiin, In lih. Boetii de Trinitatet q. V, a. 1 (cd. Vives, t. 28, pp. 526 et 527).
") Willmaiin, Gcsch, d. Idcaliamus^ t. II, p. 418.
Î^COL ASTIQUE KT SCIENCES MÉDIÉVALES Wl
Le schéma ci-dossoiis résiimo le groupement des sciences les plus pratiquées par les philosophes du xiii^' siècle :
Philosophie.
: 1. Physique.
A. Sciences théoriques
B. Sciences pratiques