‹ Introduction à la philosophie neoscholasticChapitre 17 sur 53 · Morale · texte numérisé non relu

Morale

Sciences J ariicu/icres connexes.

Astronomie, botanique, zooloor'e, chimie, physique (au sens moderne).

Grammaire, rhétorique.

Histoire biblique, sciences sociales et politiques.

50. De cette conception hiérarchique des diverses branches du savoir découlent les rapports établis par le moyen âge entre la philosophie et les sciences particulières.

ï]n premier lieu, les sciences particulières n'étaient pas délimitées entre elles, ni séparées de la philosophie comme elles le sont aujourd'hui. Elles étaient en formation ; des observations rudimentaires leur servaient de base, et le départ entre ce qu'on appelle hi connaissance vulgaire et la connaissance scientifique était inconnu. KUes avaient bien moins leur raison d'être en elles-mêmes que comme préparation au travail philosophique ^).

En second lieu, il n'est pas douteux que la philosophie

') De là cette notion courante que les sciences au moyen âge sont partie intégrante de la philosophie. « Die Naturwissenschaft ist den Scholastikem als Physik ein Teil der Philosophie. » Willmann, o/>. cit., t. II, p. 416. — Cf. Hoga n, op. cit., p. 48.

418 LA PHILOSOPHIE SCOLASTIQVE

scolasliquo rovêtc un caractèro scientifique. Commont en serait-il autrement, puisque les informations analytiques et détaillées sur la nature sensible, fournies par les sciences particulières, sont les matériaux indispensables de Ti^tude synthétique et des vues d'ensemble qui sont Tobjet propre de la philosophie l En sciences, comme en philosophie, une même théoiic fondamentale régit le processus idéologique : la comiaissance intime du monde matériel est Tobjet approprié, adéquat, connaturel de Tintelligence humaine (§ IG). Dés lors toute interprétation du monde, donc aussi l'interprétation synthétique que poursuivent la physique, la mathématique, la métaphysique même, ne doit-elle pas, à tout moment, à chaque stade, reposer sur Tobservation ? Sans ce contact permanent avec le détail, que deviendrait le travail d'ensendde, sinon une chimère dépourvue de toute réalité ?

En troisième lieu, les penseurs du moyen âge ne connaissent pas entre les sciences particulièn^s et les sciences philosoj)hiques une différence de. ncdure, {)uis(pie les unes et les autres sont innervées par un processus intellectuel identique, ral)Straction. Il n'y a qu'une dilïérence de degré, résultant du degré même d'a])straction auquel on soumet le monde: tandis que ht science ])articulière se choisit des raisons ontologifiues spéciales à tui groupe de choses, la science synthétique ou la idiilosophie embrasse des déterminations plus profondes, marquant au coin toute chose matérielle.

SCOLASTIQUE ET SCIESCES MÉDIÉVALES ilO

51. Le i^rincipe do la convergonrc do la philosophie et des sciences, tel qu'il a été compris par le moyen Age, solidarise et unifie le savoir humain sous toutes ses formes. Sa légitimilo peut se défendre par d'excellentes raisons. Mais il n'en est pas de même de toutes les appUcalions que le moyen Age a faites de ce principe.

On pourra déterminer avec exactitude jusqu'à quel point ces applications furent justes ou erronées, le jour où on aura monographie les nombreuses théories scientifiques du moyen Age. Ce travail, qui est à peine ébauché *), a déjà démontré que même sur ce terrain le xiif siècle a réalisé de notables progrès. Ouand on aura fait le départ entre les observations ou la partie expérimentale des sciences, et les génôralistitions philosophiques auxquelles elles servent de point d'appui, il sera possible de déterminer la portée des unes et des autres.

Les observations scientifiques pratiquées par le moyen Age sont de valeur très diverse. Les unes sont exactes, quoique rudimentaires ; d'autres sont aprioristes, mal

*) On a entrepris quelques travaux sur les sciences du moyen âge. P. ex. Jessen, Dotanik der Gegenwart uncl Vorzeit (Leipzig, 18G4). — C aru s , Geschichte der Zoologie (Munchen, 1872). — G U n t h e r , Studien zur Geschichte der inathem, ittul phys. Géographie. — Berthelot, Les origines de Palchimie (Paris, 188.5;. — Introduction à Vétude de la chimie des anciens et du moyen âge (Paris, 1889). — Histoire des sciences. La chimie au moyen âge (Paris, 1893) ; etc. Sans compter de nombreuses monographies, principalement sur Albert le Grand et Roger Bacon. Sur Albert le Grand, voir entre autres E. Michaël, Geschichte des deutschen Volkes (Fribourg, 1903), t. III, pp. 396, 445 et s.

i^O LA PIIILOSOPIIII': SCOL ASTIQUE

conduites ou rocuoillios à la légère. Quand les scolastiquos constalent que le chanj^ement do vin on vinaigre ou do nourriture en chair et en sang constitue une transformation substantielle, ils partent do données superficielles sans doute, puisqu'on ne connaissait pas la constitution chimique de ces corps, mais de faits loyalement ()l)servés. Au contraire, quand, sur la foi de Tanticiuité, l'apparente imnnital)ilité des astres les porte à conclure à Tingénéral)ilité, à rinc()rruptil)ilité du corps céleste, ils s'inspirent de données fantaisistes dont le caractère traditionnel tient seul lieu de vérité (78). Ains;i les roses, si elles pouvaient raisonner, concluraient à Tinnuorlalilé des jardiniers, « par(*e que jamais, de mémoire de rose, on no vit mourir de jardiniers*?. Les encyclopédies du moyen âge, celles d'un Isidore de Sévillc, d'un Rhal)an Maur, d'un Ilerrad de Landsherg, d'un Hugues de Saint-\'ictor, d'un Vincent de Beauvais foisonnent de faits bizarres, mélange de réalité et d'imagination, pic[uant la curiosité et témoignant du peu de scrupule que l'on apport^ait au contrôle d(\s observations et des expériences '). Les plus considérés — Albert \o (Irand ])ar exemph», dont les connaissances scient ificpu^s sont remarqual)les — ne sont pas à V«d)ri de ces puérilités. 11 fallut quehjues dé(X)uverres de génie, comme celle du télescope, pour que l'homme conçut cette passion des sciences naturelles qui anime l'époque

*) Willmann, Didaktik^ t. I, pp. 275 et suiv.

SCOLASriQUE ET SCIENCES MÉDIÉVALES lâl

moderne. Or, le xiii'' siècle ne fit pas de ces découvertes: quoi d'étonnant qu'il ne tira pas plein profit des méthodes inductives ? La faute on est ta un ensemble de causes qu'il ne nous appartient pas d'examiner ici, mais assurément on ne peut faire grief à la philosophie d'avoir failli à une tâche qui ne lui incombe pas.

Or, telle science, telle philosophie. Des observations vulgaires, mais justes, ont pu conduire à des vues synthétiques légitimement structurées ; ainsi des phénomènes comme la transformation du vin servent d'étai à la doctrine hylémorphiquo, ou de la présence dans le corps d'un double clément constitutif, la matière première et la forme substantielle. Par contre, des faits erronés ont naturellement engendré des généralisations factices, comme toute la cosmologie du corps céleste, la théorie des quatre éléments sublunaires et tout ce qui s'y rapporte (§ 15). Par accident seulement, ces fausses données eussent pu conduire à des conclusions vraies, conformément à ce brocard scolastique: Ex vero non seqnifur nisi veriim ; ex falso seqidtur quocllibei.

De plus, comme la nature apparaissait, grâce à cet ensemble d'observations factices ou naïves, sous des formes éminemment simplistes, on s'imaginait facilement lui avoir arraché tous ses secrets. De là une tendance marquée à des généralisations hâtives, et une manie de plier les données expérimentales aux besoins d'une théorie

préconçue, pour les faire entrer de force cLans des cadres philosophiques. Pareils procédés vont à rencontre de la nature des choses, puisqu'ils reviennent à poser le dôme d'un édifice avant ses fondements.

Ces vices d'observation et de généralisation atteignent au comble dans la science prétentieuse de l'époque décadente, et exercent dès lors sur les destinées de la scolastique la plus fâcheuse influence (§ 19).

§ 10. — La philosophie scolastique et le problème des unioersanx,

52. Les formules de définition dont on vient de faire la revue (§§ 3-9) contiennent toutes une âme de vérité. Celles qui cherchent les points d'attache de la philosophie scolastique avec vm autre corps de doctrines, tel que la théologie ou les sciences particulières (§§ 8 et 9), pénètrent plus avant, et dès lors sont plus riches en caractèra^î, que celles où le second terme de la relation vise des éléments superficiels, non doctrinaux (§§ 3-7).

Cependant les unes et les autres ne peuvent, prises isolément ou réunies en faisceau, donner satisfaction à qui veut étreindre la scolastique elle-même et prendre contact avec son génie, puisque toutes présentent ce commun défaut de définir la philosophie scolastique par ce qui nest pas sa philosophie (7).

On ne peut entrer au cœur de l'étude entreprise, sans se familiariser avec les réponses que la scolastique a faites

poogle

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aux grandes questions philosophiques que se pose Tesprit; et sans chercher, dans ces réponses mêmes, les caractères à lui attribuer. « Il appert, écrit 0. Willmann, qu il faut chercher le nerf du développement de la scolastique au moyen âge, non pas dans ses rapports avec l'antiquité, ou dans son aspect théologique, mais dans le domaine de ses spéculations proprement philosophiques «^).

Or, on donne communément au mot philosophie un double sens (4). Suivant son acception la plus rigoureuse, la philosophie est un ensemble complet et unifié des théories explicatives de Tordre universel (55). * Mais on peut entendre aussi par philosophie, non pas ce groupement parfait, mais une ou plusieurs doctrines isolées, répondant à un ou phmeiirs des problèmes qu'agite la philosophie.

53. C'est à ce second point de vue que se placent ceux qui réduisent la scohistique à une éternelle dispute sur les universaux. Cette dispute est, pour M. Hauréau, le problème scolastique par excellence, et il ne demande autre chose à la longue série de docteurs qui défilent dans ses études historiques que leur avis sur les trois interrogations de Porphyre. Les scolastiques s'acharnèrent, dit Taine, sur la question des universaux, « la seule qui leur fut livrée «, *i si abstraite, si embarrassée par les raffinements

*) f Es wird ersichtlich dasz der Nerv der Entwickelung der Scholastik im Mittelalter wider in ihrem Verhâltnisse zum Altertume, noch in ihrer theologischen Seite zu suchen ist, sondem im Gebiete des eigentlichen Philôsophierens. » Geschichte d, Idealismus^ t. II, p. B49.

iU LA PHILOSOPHIE SCOLASTIQUE

grecs r^^). Ou encore, avec M. Penjon : la philosophie se trouve bornée, « pour le fond des choses, à des querelles, comme celles des réalistes et des nominalistes, dont nous avons aujourd'hui presque de la peine, au premier abord, cà comprendre l'intérêt r^).

En vérité, M. Penjon s'abuse, car le problème des universaux est de toutes les philosophics ; on le rencontre dans rinde comme en Grèce, au moyen âge comme à l'époque moderne, chez les kantiens comme chez les panthéistes allemands. Mais encore, ceux qui avec M. Hauréau et à rencontre de M. Penjon, apprécient l'intérêt de pareilles disputes, n'ont pas tout dit quand ils l'ont signalé comme ^ le problème scolastique ^ . Pour comprendre une philosophie et la définir, il ne suffit pas d'enregistrer le ou les pi^oblêmes qu'elle traite, il faut s'inspirer des solutions données,

M. Willmann s'inspire de ces solutions, quand il enseigne que la note dominante do la philosophie scolastique est - la conciliation de l'idéalisme et du réalisme par l'immanence de ridée dans la réalité sensible ît ^). La notion donnée par le savant professeur de Prague est exacte et profonde; nous la croyons cependant incomplète^).

») Hist. de la Liitér. anglaise, t. III, p. 222.

*) Penjon, Précis d*hist. de philos.^ p. 174.

■) Geschichte d. Ideaïismus, t. II, p. 322.

*) EUe est complétée d'ailleurs par la brillante exposition que M. Willmann fait de la scolastique dans les §§ 70-73. Le point de vue auquel se place l'auteur s'txplique du reste par le point de vue général de l'ouvrage, tel que son titre même l'indique.

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54. On sait que les premiers philosophes du moyen âge apprirent à poser le problème des universaux d'après la célèbre introduction de Visagoge de Porphyre. Or, le philosophe alexandrin décompose en trois membres la difficulté qu'il propose : 1° Los genres et les espèces existent-ils dans la nature ou ne consistent-ils que dans de pures fictions de l'esprit i 2" (S'ils constituent des choses) sont -ce des choses corporelles ou incorporelles ? 3** Existent -ils en dehors des êtres sensibles ou sont-ils réalisés en eux?^) Il est aisé de voir que ce texte de Porphyre se place sur Texclusif terrain de la métaphysique. Dans la première question — qui commando les deux autres — la réalité absolue dos universaux, leur existence ou leur non-existence est le poinl en litige. C'est sous cotte forme simpliste et générale qu'on rencontre la question des universaux au début de la scolastique. Les premiei's controversistes ont concentré leur attention sur l'aspect ontologique de l'alternative posée par Porphyre ; les uns réduisant les universaux à des choses, les autres à des fictions ou à des mots '^).

Mais ce serait contredire à l'histoire que de réduire

') € Mox de generibiis et speciebus illud quidem sive subsistant sive in nudis intellectibus posita sint sive subsistentia corporalia sint an incorporalia, et utrum separata a sensibilibus an in sensibilibus posita et circa haec consistentia, dicere recusabo. »

*) Voir notre étude sur /^ problème des universaux dans son évolution historique du IXc au XlIIe siècle (Arch. f. Gesch. d. Philos., 1896) et Histoire de la philosophie médiévale^ pp. 167 173.

Tactivité des i)remiers siècles de la scolastique à une joute monotone sur les univereaux. Pour s'en convaincre, il suffit de songer que Boèce, le grand éducateur du haut moyen âge, ne fut pas seulement un professeur de logique, mais aussi un maître de physique, do métaphysique, de psychologie. A son école on apprit bien autre chose que les différents sens des formules porphyriennes, et notamment la distinction des sens et de Tintelligence, la théorie de la passio, la définition de la personne, la composition substantielle, le principe de causalité, etc. Plusieurs de ces théories sont mal comprises, comme celle de la matière et de la forme ; d'autres soni incomplètes, comme la théorie des causes; l'ensemble manque de cette unité qu'imprimera le génie synthétique du xiii® siècle. Mais ce que les jiremiers scolastiques en ont connu suffit pour les venger du reproche d'exclusivisme. Ni eux ni leurs successeurs ne sont restés hypnotisés devant une phrase de Porphyre, comme ces nirmnidcs de l'Inde qui répètent, jusqu'à rinconscîence, des formules vides de sens.

(îue si l'on suit la. question des universaux à l'époque de grandeur de la scolastique, on aperçoit sans peine qu'elle déborde de toutes parts les cadres étroits où elle était enfermée par le philosophe alexandrin, et à son exemple par les premiers glossateurs du moyen âge. A la fin du \\f siècle, le point de vue métaphysique est complété par le point de vue criicriologique et psychologique qui seul permet de discerner clairement la valeur des

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notions universelles ^). Rien de plus intéressant dans l'histoire du IX® au xif siècle que T élargissement graduel de ce domaine de la controverse. La solution inlùgrale du problème des universaux soulève tour à tour de délicats l)roblèmes de métaphysique, de physique, de psychologie. Elle a des attaches étroites avec les théories de Tessence, de rindividuation, de Tabstraction, do Texemplarisme. Le xiii*" siècle a compris tout cela ; et loin d'amoindrir rimportance de la question dos universaux, il étudie ses répercussions sur les théories organiques de la synthèse philosophique. La question des universaux n'a pliis une signification isolée; elle foit partie d'un Viiste système (65). Mais elle n'est qu'^m des éléments de ce système qui en comporte une foule et de très divers : la théodicée avec ses spéculations sur les attributs divins ; les théories métaphysiques de Tétre, do la substance, des catégories, de la causalité, de l'individuation, de Tordre ; les controverses physiques sur la matière et la forme ; les discussions sur l'origine et la genèse de nos connaissances, sur la moralité et la béatitude, et bien d'autres ne pourraient être résumées dans les trois interrogations de Porphyre. On s'en rendra compte dans les pages qui suivront.

*) Plusieurs auteurs qui définissent la scolastique par le problème des universaux n'ont pas saisi le sens de la controverse. C'est le cas de M. Clifford Allbutt, dans son opuscule Science and mediaeval thought (Cambridge, 1893), p. 31.

Voilà dans quel sens on a pu écrire que c'est « une sorte d'attentat contre l'histoire de prendre dans la scolastique une question particulière d'idéologie, la question des univcrsaux par exemple, comme Va fait M. Cousin, ou celle des rapports de la sensation avec les idées pures, comme Ta fait M. de Gerando, et d'en extraire une appréciation générale du mouvement philosophique au moyen âge « * ) .

') Morin, Dictionnaire de philosophie et de théologie scolastique au moyen âge (édité par Migiie, 185G), p. 22. M. Morin recourt à deux procédés pour définir la scolastique : 1° il étudie les transformations de la notion d'être ou de substance, dans leur rapport avec le dogme ; 2o il interprète les données ontologiques dans leur application aux sciences. Jbid., p. 23.

CUAPITIIE DEUXIÈME.

LA DKFINITION DOCTRINALE.

§ II. — Conditions cVune définition doctrinale,

55. La science^ nVst pas un pur assemblage de théories intéressant un objet spécial, une simple juxtaposition de fragments de savoir, une encyclopédie relative à une matière donnée. Dans son acception stricte, la science est un ensemble de connaissances sysié77iatisées, c'est-à-dire, suivant Tétymologie expressive du mot (juvîtOt^jai), de connaissances qui se tiennent, qui se commandent et sont fonction Tune de l'autre, comme les roues d'un engrenage. C'est h condition de se tenir que les nombreuses conclusions particulières

d'une science sont réductibles à Vanité et peuvent mettre Tordre dans Tesprit.

Ainsi en est-il des philosophies dignes de ce nom. Les systèmes historiques les plus puissants sont aussi les plus fortement structurés, — tels le système des Upanishad's, les systèmes aristotélicien, néo-platonicien, cartésien, leibnizien, kantien; et c'est cette unité organique non moins que les théories constitutives qui donnent à l'ensemble son orientation spécifique.

La philosophie scolastique, h son âge d'or, peut être considérée comme une de ces grandes solutions convergentes de l'énigme des choses.

56. Poser toutes les questions fondamentales de la philosophie, et ramener h l'unité les réponses, tels sont les deux éléments essentiels d'un système philosophique. C'est à la présence de ces éléments qu'il faut demander la définition du système, comme tel.

Pour définir tel système, le système scolastique par opposition au système kantiste, il faut pénétrer le corps de doctrines propres à la scolastique ou au kantisme, et les étudier en elles-mêmes et dans leur interdépendance. Il est évident en effet que les solutions de l'un ne sont pas les solutions de l'autre et que, pour les juger, il fout les connaître.

Ces considérations démontrent que, pour réunir les éléments d'une définition doctrinale de la scolastique, il faut au préalable interroger ses docteurs sur leurs enseigne-

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