‹ Introduction à la philosophie neoscholasticChapitre 20 sur 53 · LA PHYSIQUE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LA PHYSIQUE GÉNÉRALE

espèces de mouvement supposent. A la notion de mouvement local se rattachent les controverses sur le temps et l'espace.

74. La théorie du changement substantiel livre une explication caractéristique du devenir de la nature. La diversité de leurs propriétés révèle chez les substances corporelles une diversité spécifique. D'autre part, les substances se transforment les unes dans les autres, elles se combinent entre elles pour engendrer des composés nouveaux, spécifiquement distincts des générateurs, et ces composés à leur tour, sous la poussée incessante des facteurs ambiants, se résolvent en substances élémentaires: l'identité de la matière première aux multiples stades du processus, et la diversité de la forme spécifique fournissent une interprétation intégrale de ces foits (G3).

Dans tous les systèmes scolastiques, la matière première qui informe le corps est affectée d'une relation fondamentale avec la quantité : la quantité, ou la diffusion passive et spatiale, est l'attribut primaiœ du corps, et elle est fonction de la matière première ; comme la réduction de ces éléments à l'unité est fonction de la forme.

Cette identité de la matière première n'exclut pas sa multiplication réelle dans les innombrables substances de l'univers. Pour comprendre toute la pensée des scolastiques à ce sujet, il y a lieu de rappeler que les transformations substantielles s'accomplissent suivant une gradation rythmique dont les étapes sont réglées par la finalité du cosmos. - 75. La théorie de l'évolution rythmique des formes

substantielles reçoit dans la scolastique de magnifiques développements. Certes la matière est un trésor de potentialité, un sujet malléable qui, dans une série de compositions, revêt successivement diverses formes. Mais cette plasticité a des limites ; elle suit certaines directions. La nature ne change pas une pierre en un lion ; elle oljéit dans son devenir à une loi de progression dont les sciences particulières ont pour mission de déchiffrer l'application détaillée, tandis que le physicien ne Tétudie que dans sa généralité. En langage scolastique: la matière première ne se dépouille pas d*une forme pour revêtir une autre forme quelconque, mais pour s'unir à celte forme qui correspond au type immédiatement voisin dans la hiérarchie naturelle. Grâce à une prédétermination spéciale, la matière traverse des étapes admirablement fixées. Voilà pourquoi, chez saint Thomas, le corps humain revêt, avant son union avec Tame spirituelle, un certain nombre de formes intermédiaires, jusqu'à ce que le travail de la nature ait donné à l'embryon la perfection exigitivo d'une information suprême, celle de l'àme spirituelle, infusée par Dieu. C'est le natura non facit salins dans sa traduction philosophique, et une sobre mais saisissante interprétation du principe de l'évolution du cosmos. Tel est le sens intégral de la formule : coi^niptio uniiis est generaiio alterins.

Ce processus gén6ti(iue des formes [eductio /ornmrum e polenliis malei'iae) passe à bon droit pour une des ques-

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