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PHILOSOPHIE MORALE ET LOGIQUE

conn«aissnnce (S. Thomas) ou de vouloir (Duns Scoi) ou dans la réunion de l'un et de Tautre (S. Bonaventure). D'après cela, sera moral l'acte libre qui tend vers la possession de Dieu; immoral, celui qui s'en éloigne.

Sur Yobligaiion morale les scolastiques professent une théorie inconnue de la philosophie grecque. L'obligation, enseigne Thomas d'Aquin, est basée d'abord sur la nature même de nos actes ; car cette nature sert de fondement à la lex naiuralis, dont nos consciences sont imprégnées et à laquelle toute la loi positive emprunte sa légitimité. Mais c'est dans l'ordre divin qu'il faut, en dernière analyse, chercher la force obligatoire de la loi.

Moralement obligée à tendre vers son bien, la nature humaine est obligée, par voie de corollaire, de mettre en œuvre les moyens en connexion nécessah^e avec cette fin. A la connaissance des voies qui conduisent à la fin nous incline cet habitus principiorum irUionis praciicae que les scolastiques appelaient synderesis. Sous l'empire de la synderesis, Tintelligence formule les principes généraux qui sont les normes d<î la vie morale ; la conscia2ce morale n'est que l'application de ces principes universels à un cas particulier.

Il est intéressant de remarquer que les éléments de la bonté morale d'un acte (l'objet propre, les circonstances, la fin intentionnelle), établissant la convergence de cet acte vers la fin, sont en même temps les éléments de la perfection ontologique de cet acte. Au degré d'actualité

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OU de perfection d'une action se mesure son degré de moralité : une fois de plus, les grandes idées de la philosophie scolastique sont solidaires et convergentes.

92. A l'exemple d'Aristote, les scolastiques s'adonnent volontiers à l'étude détaillée des vertus morales ou des diverses formes que revêt notre activité morale suivant les circonstances variées de la vie. Après avoir déterminé la moralité dans sa notion générale, ils reprennent par le détail les relations concrètes qui spécifient nos actes : relations familiales, religieuses, politiques.

La propriété individuelle et le mariage monogame et indissoluble sont de droit naturel. Quant à la vie sociale, elle trouve sa raison d'être dans la nature de l'homme et en dernière analyse dans la volonté de Dieu. Car toute autorité est d'origine divine. Thomas d'Aquin ne semble pas étudier l'origine du pouvoir dans une société qui se constitue, mais il s'intéresse aux formes du gouvernement et les déclare toutes légitimes, pourvu que le pouvoir gouverne en vue du bien général. A la suite des anciens, et notamment de Plutarque, on compare les classes sociales aux divers membres d'un corps vivant, mais sans jamais attribuer à cette image la valeur réelle que lui reconnaissent de nos jours certains organicistes. On trouve aussi 4 dans le droit social du moyen âge quelques reflets de l'organisation de la vie communale et féodale ^). Enfin le

*) Voir à ce sujet Max Maurenbrecher, Thomas von Aquino's Stellung zum Wirthschaftslehen seiner Zetf, I Heft (Leipzig, 1898).

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