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PHILOSOPHIE MORALE ET LOGIQUE

xiif siècle justifie la subordination du pouvoir temporel au pouvoir spirituel ; mais à partir du xiv® siècle quelques théoriciens se laissent influencer par l'esprit de lutte qui anime les rois contre la papauté.

93. Aristote est le maître incontesté de la dialectique, et la scolastique ne fait que commenter sa pensée.

Par « logique » on entend Vensemhle des lois que doil suivre Vesprit humain pour acquérir la science.

Or, qu'est-ce que savoir ? C'est connaître ce qu'est une chose, de façon nécessaire et universelle. Scientia est universaîium. La science ne s'occupe pas des déterminations particulières et individuelles des êtres. La détnonstration scientifique, et le syllogisme qui est à sa base, nous apprennent à découvrir l'essence des choses, leurs propriétés et leurs causes : voilà pourquoi ils constituent le pivot de la logique d'Aristote, et font Tobjet de son principal traité, les Analytiques. Mais l'un et l'autre de ces deux processus de l'esprit supposent une étude des opérations élémentaires en lesquelles ils se résolvent : le concept et le jugement.

Le concept nous représente les choses sous des notes abstraites et générales, les unes propres à une seule espèce de choses, les autres communes à diverses espèces d'un même genre. La logique ne s'occupe du concept que pour autant qu'il devient élément d'un jugement. Aussi, quand les scolastiques transposent dons la logique la classification des êtres en Catégories, ils entendent par là, non point des

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classes de choses telles qu elles existent en dehors de nous, mais des classes de concepts objectifs, en tant qu'ils sont susceptibles d'être prédicat ou sujet du jugement.

Lejuge?nent ou renonciation résulte de Tunion de deux concepts, dont Tun est affirmé (prédicat) de Tautre (sujet). Le de interprétât ione étudie la qualité des jugements (affirmation, négation), leur quantité (universalité, particularité), leur modalité (nécessité, possibilité, contingence).

C'est principalement la syllogistique qui préoccupe les logiciens" médiévaux. Ils étudient longuement ce procédé par lequel Tesprit humain, n'apercevant pas immédiatement le rapport entre deux concepts, termes d'un jugement, les compare successivement à un terme moyen. Le si/Uogis?ne démonstratif, qui seul conduit <à la science, rattache les idées les unes aux autres en déduisant le particulier du général, coordonne et subordonne les notions de notre esprit suivant leur degré d'universalité. Mais la démonstration a des limites, car l'esprit doit s'arrêter à quelques premiers principes indémontrables qu'il énonce, à raison de leur évidence immédiate, en partant des données sensibles. A la définition (ôpiîjxo;) et à la division aussi, il faut un terme infranchissable, car il est impossible do tout définir et de décomposer à l'infini.

Les sciences sont déductives ou rationnelles, lorsqu'elles se constituent indépendamment de l'expérience, par la mise en lumière de rnpporis objectifs entre des concepts. Telles sont les mathématiques. Elles sont inductives ou expéri-

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