‹ Introduction à la philosophie neoscholasticChapitre 25 sur 53 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

mentales, lorsqu'elles construisent une explication de faits expérimentés par les sens. La nature de la science détermine la nature des méthodes auxquelles elle doit recourir (14).

94. Dans l'économie générale de la synthèse scolastique, la logique n'est qu'un instrument du savoir, mais elle a des attaches étroites avec la métaphysique et la psychologie. Albert le Grand et ses successeurs affirment nettement ces rapports entre la science des concepts et la science de la réalité. Pour le maître de Thomas d'Aquin, la logique est une scientia specialis, le vesiibulum de la philosophie, à laquelle elle est préliminaire comme le dessin est préliminaire à la peinture. Il a donc pris fin k la grande époque ce despotisme ridicule dont la dialectique a tant abusé dans le haut moyen âge. A la fin du xif siècle, elle ressemble, suivant la poétique expression d* Alain de Lille, à une pâle jeune fille, épuisée par des veilles trop prolongées.

Malheureusement on vit reparaître plus tard les excès des logiciens à outrance (9G). Mais alors la scolastique a dégénéré, et ces défaillances laissent intacte la synthèse doctrinale que nous avons essayé de résumer.

§ 18. — Conclusion,

9o. Après ces rapides esquisses, reprenons la question posée au début : en quoi consiste une définition f^éelle et inirinsùqice de la philosophie scolastique ? (7)

Elle sera tirée de ses entrailles mêmes, c'est-«à-dire de ses doctrines fondamentales.

Pour découvrir les caractères essentiels de la synthèse scolastique, il suffit de reprendre par le détail les groupes de solutions qu elle comporte, et d'en étudier les signes distinctifs. Chacun de ces signes marquera la scolastique d'un cachet précis, d'une détermination spéciale ; le faisceau de ces signes constituera Tensemble des caractères essentiels do la scolastique (57, 58). Ihi de ces signes pris isolément pourra appartenir en commun à la scolastique et à d'autres solutions historiques : la totalité de ces signes n'appartient qu'<à elle et à elle seule ^).

Traçons quelques linéaments de co travail descriptif. Avant tout la scolastique n'est pas un système moniste. Le dualisme de l'acte pur (Dieu) et des étros mélangés d'acte

') C*est ce qu'a perdu de vue M, Lasplasas dans une critique qu*il fait de notre théorie. La brochure de Tauteur ( Unsayo de una Definicion de la EscoLislica^ Barcelona 1903) résume l'article que nous avons publié dans la Revue philosophique (juin, 1002) et témoigne d'une ignorance totale de la doctrine scolastique. De même M. Blanc pense à tort, selon nous, que la scolastique commune à saint Bonaventure, à Scot, à Suarez et à d'autres « ne se distinguera en rien d'une philosophie chrétienne quelconque, celle de Caro par exemple, ou. même de Cousin, dans les dernières éditions de le Vrai^ le Beau et le Bien » (Université cathol., lî)01, p. 114). Sans compter que mainte théorie de cette « scolastique commune » — par exemple la théorie idéologique - demeurera irréductible à la théorie correspondante d'un Caro ou d'un Cousin, Venaemhle des caractères doctrinaux de la scolastique lui appartiendra en propre^ et la similitude éventuelle dans la scolastique et dans l'éclectisme fran- (;ais de quelque conclusion isolée, ne brisera pas la spécificité du S3*stème médiéval.

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