CONCLUSION
et de puissance (créatures) fait de la scolastique l'irréductible ennemie de tout panthéisme. Les compositions de matière et de forme, de l'individuel et do Funiversel, les distinctions entre la réalité du sujet connaissant et celle de l'objet connu, entre la substance de Tame bienheureuse et celle du Dieu qui assouvit ses focultés — sont autant de doctrines incompatibles avec le monisme. La théodicée de la scolastique est ci^éationisie et personnaliste. Sa métaphysique de Têtre contingent est h la fois un dynamisme modéré (l'acte et la puissance, la matière et la forme, l'essence et l'existence) et une franche affirmation de Vindividiuilisme. Ce môme dynamisme régit Tapparition et la disparition des substances naturelles ; tx un autre point de vue, le monde matériel reçoit une interprétation évolutionniste et finaliste. — Rappelons, en outre, (jue la psychologie scolastique est spiritualiste et non matérialiste ; expérimentale et non aprioriste ou idéaliste ; objectiriste et non subjectiviste : la définition même delà philosophie implique la possibilité pour l'intelligence de saisir une réalité extramentale. Etayée sur les données de la psychologie et de la métaphysique, la logique met en honneur les droits de la méthode analytico-synthétique. Quant à la morale, elle emprunte à la psychologie la plupart des caractères qui la distinguent ; elle est eudéinoniste et libertaire.
On pourrait multiplier les points de vue, retourner la synthèse scolastique en d'autres sens, et l'on trouverait pour la définir, d'autres caractères intrinsèques. Une défi-
nition intégrale les devrait tous embrasser. Tous d'ailleurs sont solidaires et se complètent ; il doit en être ainsi, puisque les divers départements doctrinaux qu'ils définissent sont reliés entre eux dans une intime unité organique.