‹ Introduction à la philosophie neoscholasticChapitre 34 sur 53 · NÉO-SCOL ASTI QUE ET DOGMATIQUE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

NÉO-SCOL ASTI QUE ET DOGMATIQUE RELIGIEUSE

d'une excommunication qui le menace, ou enlacé dans des dogmes qui le gênent, et que, pour rester fidèle à sa foi, il doive renoncer à l'amour désintéressé et à la culture libre de la science. De là la défiance qui Taccueille. Une publication qui émane d'unie institution catholique — les institutions protestantes sont jugées plus favorablement, sans doute parce qu'elles ont donné par leur révolte contre l'autorité religieuse des preuves d'indépendance — est traitée comme un plaidoyer pro domo, comme une thèse d'apologétique à laquelle on refuse a priori les honneurs d'un examen impartial et objectif 9»^)... « Il faut former des homnaes en plus grand nombre, qui se vouent à la science pour elle-même^ sans but professionnel, sans but apologétique direct, qui travaillent de première main à façonner les matériaux de l'édifice scientifique et contribuent ainsi à son élévation progressive »»*).

Tant il est faux de croire que la néo-scolastique fut inventée pour batailler en faveur d'une théorie religieuse, que « les catholiques la réduisant au thomisme ... soutiennent qu'elle a pour eux une valeur identique à celle qu'elle eut pour les orthodoxes du xiii® siècle «^).

*) Mercier, Rapport sur les Études supérieures de philosophie^ présenté au Congrès de Malines le 9 septembre 1891, p. 9.

^ Ibid,, p. 17.

•) Pi cave t, dans Aa Grande Encyclopédie^ 3iW mot c^ scolastique » (alinéa fmal).

§ 24. — NéO'Scolnstiqnc et sciences modernes.

119. L'histoire (les sciences pendant les trois derniers siècles et principalement au xix®, est comparable à une marche triomphale de Tesprit. Dans le domaine do l'observation notamment, les méthodes inductives ont conduit à des découvertes géniales qui constituent un progrès éclatant de la civilisation moderne sur le moyen âge ; et tous les jours encore, elles arrachent h la nature quelques-uns de ses secrets.

Au point de vue de la méthodologie et de la logique générale des sciences, trois différences profondes ont surgi entre le moyen âge et l'époque moderne : la multiplication des sciences; leur séparation d'avec la philosophie; le départ entre la connaissance vulgaire et la connaissance scientifique.

Tandis qu'au moyen nge l'astronomie confinait à l'astrologie, la chimie h l'alchimie, la physique h la divination, la science contemporaine a sévèrement éliminé tout élément fantaisiste et arbitraire. En tournant et en retournant la nature corporelle dans tous les sens, on a vu apparaître des aspects nouveaux de la matière, et chaque jwint de vue spécifique est devenu le centre d'une discipline noiirelle. C(îttc multiplication des sciences va de pair avec une délimilaticm de plus en plus précise de leur domaine respectif: la cristallographie, Li stéréochimie, la biologie cellulaire,

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