LA SCOLASTIQVK OU LA FILLE DES ÉCOLES
appeler schokfsftcus ou écoldtre quiconque est titulaire d'un enseignement, soit dans une école abbatiale, soit dans une école épiscopale ^), La science enseignée dans ces écoles était la scolastique, qui avait pour objet la théologie, ou bien les arts libéraux et principaloniont la philosophie.
(.'et te notioïi empruntée a Tétymologie et à l'histoire fournit-elle des éléments suffisants pour définir la - philosophie scolastique «^ i Nous ne le pensons pas.
9. (iue saurions-nous, en effet, de la philosophie grecque si on la définissait : ^ la pliilosophie professée h l'agora, aux carrefours des villes grecques, plus lard dans des établissements s|)éciaux, appelés Lycées, Gymnases, Académies, depuis rétablissement jusqu'au déclin de ces écoles, c'est-à-dire jusqu'au jour où un esprit nouveau, l'esprit moderne, inspirant des décrets impériaux, viendra lui disputer et lui ravir la conduite des intelligences « ?
Or, c'est bien en termes semblables, mutafis mutandis, que s'exprime M. Hauréau, à la première page de son Histoire de Ui Philosophie scolastique. - La philosophie scolastique, dit-il, est la philosophie professée dans les ('coles du moyen âge depuis l'établissement jusqu'au déclin de ces écoles, cost-â-dire jusfju'au jour où la philosophie du dehors, l'asprit nouveau, T esprit moderne, se dégageant
*) pucange, Glossarium ad scriptores mediae ef infinuie aetatis^ au mot SchoUisticHs. « Dijçnitas ecclesiastica, qua qui donatus est, scholis ecclesiasticis praeest ». Les scholae palatinae créées par Charlemagne désignaient des institutions d'enseignement. V. au mot Scholae.
i6 LA PHILOSOPHIE SCOL ASTIQUE
des liens de la tradition, viendront lui disputer et lui ravir la conduite des intelligences « ^).
Et, considérant la fin de la scolastique comme un fait accompli, le savant historien croit que Tart inventé par (iutenberg lui a porté le coup de grâce. Jusque-là, en effet, la rareté des manuscrits oblige<ait les esprits studieux à entreprendre de longs voyages i)our suivre les leçons des écoles publiques. -* Dbs que la presse eut mult iplié les exemplaires des anciens textes et même des gloses modernes, on put, sans fréquenter les écoles, conduire ses études jusqu'aux limites de la science... Autrefois, on accourait à Paris de tous les points de l'Europe pour venir assister aux leçons des maîtres les plus renommés ; désormais abandonnées par les écoliers, les chaires publiques le seront l)ientot par les professeui^ eux-mêmes, et de jour en jour on en verra décroître le nombre. Ainsi finit l'enseignement oral, ou scolastique. La philosophie ne sera plus didactiquement professée hors des couvents, hors des collèges, et elle n'obtiendra la faveur d'un asile dans ces maisons administrées par l'Eglise (jne sous hi condition d'une entière dépendance « ^).
Avant de discuter la définition présentée par M. Hau-
réfiu, relevons, pour en montrer l'inexactitude, le corol-
1) Hauréau, Histoire de la Philosophie scolastique^ t. I (Paris, 1872), p. B6. De même, dans le Dictionnaire des sciences philosophiques, il écrit, au mot Scolastique : ^ La scolastique est la philosophie qu'on professait dans les écoles du moyen â^e ^k
2) Ibid., p. m.