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LA SCOLASTIQUE OU LA FILLE DES ÉCOLES

ot c'est d.Mis la mesure où les notions [)rcsentée^s pnr MM. Ilaurénu et Picavcl se rapportent au moycMi âge ({u'elles otFrent quelque intérêt dans cette étude.

La fonnule qui fait de la scolastique - la tille des écoles ^ a pour défaut axpital d'être vide de réalité. Elle n'ai)prend rien sur le contenu de l'enseignement donné du haut des chaires médiévales, et elle ne peut rien en apprendre. L'enseignement oral au moyen âge a véhiculé les doctrines philosophiques les plus opposées. Sans com[)ter que, tout enseignement étant oral au moyen âge, la scohusticiue — fille des écoles — n'est pas plus une philosophie ou une théologie, qu'une discipline médictile ou juridique. — Le caractère oral de l'enseignement étant commun à toute espèce de science, cette circonstance est stérile dès qu'on y cherche un caractère diffcrcnikl de la scolasii(jU(\

Certes, on comprend que par schoJa on désignât l'enseignement xax' s^o/Tiv (8), et par schûJnsiicus le professeur des deux sciences, qui, au moyen âge, repnisen talent le couronnement du savoir. Mais cette notion hanah» ne peut devenir le point d'appui d'une étude de la philosophie ou de la théologie môme enseignées dans les écoles de ce temps.

12. D'ailleurs, \)owy peu qu'on les presse, toutes ces définitions purement verbales et étymologi(iues devienniint des tautologies. Scolastique dérivant de schola, dire (jue la scolastique est la - philosophie enseignée dans les écoles ^ n'est-ce piis dire que la scolastique est bi scolastique ^

30 LA PHILOSOPHIE SCOLÀSTIQVE

Il est irUéressant de rapprocher celtes définition de celle que Ton donne communément du moyen âge lui-même.

« Il n*y a pas de terme, écrit M. (Todefroid Kurlh, sur la définition duquel règne un accord plus parlait que celui de mof/cn dgc. Le moyen âge, nous dit-on de toutes parts, est une épofjue intermédiaire entre l'antiquité et les temps modernes. C'est la définition que donnent tous les diction-* naires et toutes les encyclopédies, tous les manuels et tous les résumés. N'en demandez pas une autre aux médiévistes les plus érudits ; quelque divers que soient leurs points de vue dans l'appréciation du moyen âge, ils sont unanimes lorsqu'il s'agit de le définir, et tous nous répondent, avec un ensemble qu'on rentxmtrerait difficilement sur une autre question, ((ue le moyen âge est une époque intermédiaire - ^ ).

C'est dire, en d'autres termes, que le mof/cu df/c est un âge ynoyen.

M. Kurth monire que cette définition verl)ale du moyen âge est du(* à la transposition d'une classification philO' iof/iqffe sur le terrain de YInstoire, Kn étudiant le déveloj)pcment de la langue latine dej)uis ses origin(\s jusqu'à leur temps, les philologues du xvi'' siècle ont fixé trois phases : la phase du latin classi(jue, s' étendant depuis les origines de l'Ktat romain jusqu'à Constantin le (Irand ; la phase du latin l)arbare, cmbrass?Mit à leurs yeux, non stnilement le

h G. Kurth, Qu'est-ce que Iv moyen ('li^t' '^ (Discours prononcé à Fribourg, au Conj^rt-s scientiiiqu(' international des catholiques, le 10 août 1897). Bruxelles, 1898, p. B.

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