DE LA MORALE
À ce mot de morale, les plus hautes questions se présentent tout-à-coup à la pensée; une carrière immense se découvre, et l’on s’effraie d’avoir à pénétrer dans des sujets qui s’agrandissent à mesure qu’on essaie de les traiter.
La morale embrasse la vie de l’homme dans tout son ensemble ; elle le considère dans ses passions intérieures, dans sa volonté, dans sa liberté, dans ses actes, dans ses pensées intimes, dans ses rapports avec les autres hommes et avec Dieu meme, et chacune de ces considérations pouvant se diviser elle- même en mille objets divers, par la diversité des modifications de la nature humaine ou par les variations multipliées des relations sociales, il en résulte une matière toujours nouvelle et toujours féconde pour la philosophie, et qui reste inépuisable à toutes les méditations du génie et à toutes les subtilités de la raison.
Nous n’avons garde de nous précipiter aveuglément dans un tel abîme. Nous allons seulement exposer les principes sur lesquels repose la vérité de la morale, considérée comme science philosophique, et non point comme science d’observation.
Les écoles distinguent la morale generale et la morale spéciale : l’une qui traite des actes humains et de leur principe en general, et l’autre qui traite des diverses obligations de l’homme. Nous pouvons adopter cette division.
PREMIÈRE DIVISION