‹ Introduction a la philosophie;Chapitre 7 sur 73 · IV. Philosophie véritable · texte numérisé non relu

IV. Philosophie véritable

Ferons-nous donc aussi notre philosophie? suivronsnous aussi nos propres idées? A Dieu ne plaise! nous ajouterions une folie nouvelle à toutes les folies humaines. Alors, quelle est donc notre pensëe en nous livrant à l’étude de la philosophie? Ce mot n’est-il pas vain dans notre bouche, et notre ëtude n’est-elle pas sans objet?

Il est une philosophie universelle, une philosophie toujours subsistante au milieu des erreurs humaines, une doctrine toujours triomphante des variations de l’esprit. Elle brille dans les âges barbares comme dans les siècles éclairés; elle sort intacte du milieu des révolutions; elle survit aux persécutions et à l’ignorance; elle est toujours la même, toujours pure, toujours sublime : telle on la trouve à la première origine des hommes, telle elle se rencontre dans le cours des âges, telle elle se conserve encore aujourd’hui sous nos yeux, dans les sociétés corrompues par les lumières modernes. C’est cette philosophie permanente et immobile que nous voulons étudier profondément. Elle se montrera à nous, entourée d’une vive lumière, au milieu des obscurités de toutes les autres philosophies. Son éblouissante clarté brillera parmi les ténèbres. Nous la suivrons comme un guide, au milieu des égaremens de la vie. Elle donnera des forces à notre esprit; elle nous découvrira les mystères de la nature; elle agrandira notre intelligence; elle nous expliquera notre être , et, au besoin, elle fournira des consolations à nos douleurs; elle soulagera nos misères; elle vaincra nos passions et prendra soin de notre bonheur.

Telle est la philosophie que nous nous proposons d’approfondir. Nous démontrerons que hors de cette philosophie tout est douteux et inexplicable dans les sciences humaines, et même dans celles qui paraissent les plus positives et les plus brillantes de clartés, dans les sciences naturelles, aussi bien que dans les études métaphysiques, dans la science des devoirs et des droits, ainsi que dans l’étude des premières lois de la création et du mouvement.

Embrassez avec courage, dirons-nous maintenant à la jeunesse, à qui nous consacrons principalement nos travaux, embrassez cette philosophie qui est à la fois un flambeau pour votre intelligence et une règle pour votre cœur. La philosophie ancienne se vantoit de faire de l’homme un roi. Triste royauté qui le livroit, comme un esclave, à tous les penchans et à toutes les erreurs! Voici une philosophie qui peut, à plus juste titre, s’attribuer cette gloire. Par elle, en effet, vous serez rois de vos passions, et vous tiendrez votre raison ferme au milieu des attaques qui l’assiégeront de toutes parts.

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