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2. Les mêmes idées sont fort bien résumées dans un des Oupanishads ( Brih . Ar. Oup ., III, 9) où l'on nous dit qu'il y avait d’abord plus de trois mille trois cents dieux, mais qu’ils furent réduits à 33, à 6. à 3. à 2, à t 1)2, et enlinàun, qui est le souflle de vie, l'Être en soi, dont le nom est Cela.
de l’air, est appelé Visvakarman , l’Artisan de toute choses, tandis que le soleil ( Savilar ) est invoqué sous le vocable Pragapati, le Maître de tous les êtres vivants. En quelques endroits, ce dernier est appelé, au neutre, la grande Divinité de tous les dieux, mahât devànàm asuratvâm ékam. (R. Y. III, 53 I.)
Tels furent en effet, les pas de géant que nous pouvons constater dans différentes parties du Yéda, depuis les plus simples invocalions des agents inconnus cachés dans le soleil ou la lune, le ciel et la terre, jusqu’à la découverte du seul Dieu, créateur du ciel et de la terre le Seigneur et le Père, et enfin à la croyance en une divine Essence (Brâhman), dont le Père ou Créateur de toutes choses est ce qu’ils appellent le pratika ou visage, autrement dit la manifestation, ou encore la persona , le masque, la personne.
Tel fut le résultat final de la pensée religieuse, commençant parunefoi trèsnaturelle en des pouvoirs invisibles, acteurs cachés du
1. En parlant de Dieu créateur, M. Max Muller dépasse la pensée védique. ( Note du M. G.)
drame terrible de la nature, et aboutissant à la croyance en une seule grande Puissance, ce Dieu inconnu ou plutôt invisible, adoré, d’une manière ignorante, il est vrai, pendant de longues années par les poètes de l’âge védique. C’est ce trésor de l’antique pensée religieuse que les sages des Oupanishads héritèrent de leurs ancêtres, et nous allons voir maintenant quel usage ils en firent, et comment ils découvrirent enfin la véritable relation qui existe entre ce que nous appelons le Divin ou l’Infini, tel qu'on le voit objectivement dans la nature, et le Divin ou Infini perçu subjectivement dans l’âme humaine. Nous serons alors plus à même de comprendre comment ils érigèrent sur cette antique base ce qui fut à la fois la philosophie la plus sublime et la religion la plus satisfaisante, le Védanta.
Les deux formes du Védanta
Pour traiter de la philosophie védanta, il faut faire une distinction entre les deux for-
A LA PHILOSOPHIE VÉDANTA
mes sous laquelle nous la possédons. Nous l’avons sous une forme non systématique, comme une sorte de végétatiou inculte, dans les Oupanishads, et nous l’avons ensuite, soigneusement élaborée et complètement systématisée dans les V édanta-soatras . Ces S outras sont attribués à Bàdarâyana ', dont la date, comme d’ordinaire, est contestée. Ils ne forment pas un livre, dans le sens où nous employons ce mot, car en réalité ils ne sont que des aphorismes contenant la quintessence de la philosophie védanta. En euxmêmes ils seraient complètement inintelligibles, mais appris par cœur comme ils l’étaient et le sont encore, ils sont un fil très utile pour se guider dans le labyrinthe du Védanta. A côté de ces Soutras, toutefois, il adù toujours exister un corps d’enseignement
t. Ce Yyàsa Bàdarâyana ne peut pas, comme l’ont supposé Weber et d'autres, être le même que Vyàsa Dvaipàyana, le célèbre auteur du Mahbaharata. Le caractère de leurs œuvres est différent, il en est de même de leur noms. Bàdarâyana, l’auteur des Brahma-soutra°, a, suivant l’opinion généralement reçue, vécu en 400 environ av. J.-C., mais cette assertion ne repose sur aucune preuve péremptoire.
oral, et ce fut probablement cet enseignement traditionnel qui fut enfin réuni parSankara, le fameux maître du Védanta, dans son soidisant commentaire ou bhâshyades Soulras.
Ce bhashya, cependant, loin d’être un simple commentaire, peut être en fait considéré comme le véritable corps des doctrines védanta, dont les Soutras ne sont plus qu’un index utile. Toutefois, ces Soutras doivent avoir acquis de bonne heure une autorité indépendante, car ils furent interprétés de dilférentes manières par différents philosophes, Sankara, Ramânouga Madhva, Yallabha etd’autres, qui devinrentles fondateurs de différentes sectes védanta 1 2, faisant toutes
1. Le Sarvadarsana-sangraha fp. 80, trad. Corvell), nous dit que Ramanouga, qui vivait au XIIe siècle, trouva le commentaire précédemment composé par Bodhàyana trop prolixe, et pour ce motif composa le sien. Ramanouga le dit lui-même dans son Sûbhàshya, et nous apprend que d’autres maîtres avant lui avaient fait la même chose (Véd. Soulras , trad. Thibaut, vol. I, p. XXI). Si le Vrittikara contre lequel certaines des remarques de Sankara sont dirigées, dit-on, est le même Rodhâyaua, sa date serait pour le moins antérieure à 700 après J.-C.