MUQUEUSE UTÉRINE
Nous ne reparlerons pas de la muqueuse externe du museau de tanche ou cervico-vaginale : ce que nous avons dit à propos du vagin et de la portion réfléchie de sa muqueuse, nous dispense d'y revenir.
Il s'agit seulement du revêtement interne du col et du corps de l'utérus.
L'anatomie, la physiologie et la pathologie sont ici d'accord pour imposer une distinction nette entre la muqueuse de l'un et l'autre segment de l'organe gestaleur. Ce n'est donc pas un pur artifice d'exposition que de séparer dans la description du revêtement utérin la muqueuse du col et !a muqueuse du corps.
Nous n'entrerons pas dans les fins détails de l'histologie et de la physiologie qui seront mieux placés dans l'étude des métiites.
A. Muqueuse du col ou intra-cervicale {Voir fig. I. C. C C" p. 16.). — La cavité qu'elle tapisse est fuselée et hérissée de reliefs figurant une disposition arborescente ou mieux penniforme (arbre de vie). Elle est aussi criblée d'excavations où s'abouchent les glandes. Lu muqueuse s'étend en couche continue sur les unes et sur les autres.
Vépithélium de cette membrane est cylindrique, léguller, en couche unique, palissadé, à noyau basai et muni de cils vibraliles à sa surface, sauf dans les dépressions où il est caliciforme (de Sinéty). Le protoplasma hyalin et transparent de ces cellules produit le mucus filant et transparent caractéristique de la sécrétion du col.
Sous l'épithélium cylindrique est le derme qui loge les conduits des glandes et quelques acini plus superficiels, et où se dessinent parfois des papilles vasculaires.il est formé de tissu conjonctif fasciculé, bien différent du derme de la muqueuse du corps, dont la fragilité et la mollesse sont caractéristiques.
Les glandes du col, bien qu'appartenant à la variété des glandes en grappes, ont leurs diverticules disposés sans grande régularité ; leur intérieur est tapissé par un épithélium cylindrique de grande
dimension. Leur caraclère le plus spécial réside dans l'épaisseur de leur tunique musculaire et conjonctive.
B. Muqueuse du corps de V utérus (Fig. I. =E E'). — Ni rides, ni saillies.
Surface lisse, sans anfractuosités, mais criblée d'orifices punctiformes étroits. Ces orifices sont l'entrée de diverlicules en caecum qui, plongeant perpendiculairement dans le derme muqueux, tantôt viennent se terminer profondément en cul-de-sac unique, à la limite de la paroi musculaire de l'utérus et tantôt pimètrent légèrement dans celte paroi.
Ces tubes sont souvent digités à leur terminaison et contournés en vrille dans leur trajet. Cette disposition est exagérée dans l'endométrite en évolution.
La muqueuse du corps de l'utéius et les follicules en caecum qui en dépendent sont tapissés par un épitliélium cylindrique en couche unique, à cellules de moyenne dimension, ciliées, selon l'opinion générale; non munies de cils d'après quelques auteurs (de Sinély).
Le derme est composé d'éléments singuliers {cellules déciduales), toujours en activité, d'une morphologie fort variable qui se retrouvent dans les organes nobles de la génération, ovaire, testicule.
Nous nous étendrons ailleurs sur l'histoire anatomique et physiologique de cet élément, de même que sur la fonction des glandes.
A côte de la cellule spéciale, se trouvent des éléments conjonctifs ordinaires presque toujours en évolution, rarement à l'état adiille.
La mollesse parliculière de la muqueuse normale du corps de l'utérus tient précisément à l'absence de tissu élastique ou connectif adulte. Elle est augmentée par la multiplication facile de ses cellules propres et leur tendance à la dégénérescence hyaline, aussi par l'abondance des capillaires et le retour périodique de la congestion menstruelle physiologique qui détermine l'infiltration générale du substratum muqueux.
MUQUEUSE TUBAIRE.