‹ Introduction a la pratique gynécologique (volume 2)Chapitre 19 sur 100 · LYMPHATIQUES DE L'AI'I'AREIL GÉNITAL · texte numérisé non relu

LYMPHATIQUES DE L'AI'I'AREIL GÉNITAL

L'anatomie macroscopique, par la méthode des dissections, do l'injection colorante ou autre, nous a donc montré tout à l'heure la disposition générale des trois plans de lymphatiques, dans l'utérus, comme dans le resie de l'appareil génital : plan muqueux, plan ou réseau musculaire, plan ou réseau celluleux para-utérin ; car le para-métrium philosophiquement s'entend de l'ensemble de la couche celliileuse mince ou épaisse, selon les régions, qui revêt immédiatement le muscle utérin.

Avec l'anatomie microscopique nous pénétrons plus avant dans

FiG. 3. — Troncs lymphafiques. — (5) Confluent juxta-cervical. (10, 12) Conlluent tubo-ovarique.

l'intimité des tissus; nous voyons l'élément lymphatique participer à la structure de tout organe ou élément d'organe si ténu qu'il soit, par la raison que le tissu connecfif qui entre dans la texture des moindres parties de l'économie est un véritable milieu lymphatique. Dès lors, les gaines et parois vasculaires, la membrane externe des glandes, des nerfs, etc., sont des réseaux déliés de lymphatiques microscopiques formés de lacunes et de fissures reliées entre elles.

Les lacs ou lacunes lymphatiques, creusées entre les faisceaux du tissu conjonctif et résullant de leur écartement, existent dans tous les tissus fibreux, avec leurs caractères propres, c'est-à-dire: paroi élastique très mince tapissée à l'intérieur par l'endothélium spécial décrit

par M. Ranvier en 1875, et qu'il ne faut pas confondre avec les cellules d'endothclium plat du tissu conjonctif décrit par le même auteur. Le rôle de ce système lymphatique lacunaire est fort important dans rinflammation.

Liouville, juillet 1872 (Sur l'étude des lymphatiques dans t'érysipèle), et Cadiat {Soc. (mat., 14 février 1875), décrivaient dans l'érysipèle, le premier la suppuration intra-vasculaire des lymphatiques de la peau, le deuxième celle des gaines péri-vasculaires.

De même Volkmann et Sieudner contirment celte opinion.

Renaud (Archives de physiologie, 1872) a précisé le fait et établi que l'inflammation de la peau, comme celle des tissus sous-cutanés, influence les réseaux lymphatiques; que les globules blancs qui paraissent entraînés hors des voies sanguines ont un aboutissant très habituel dans les lacs lymphatiques, les l'entes, les troncs qui eu partent ou y aboutissent.

Les ganglions sont constamment engorgés dans l'érysipèle. La lésion réside dans l'accumulation d'une grande quantité de cellules lymphatiques dans le tissu réliculaire; les cellules propres se multiplient au point de prendre l'aspect des inyéloplaxes.

Cette étude d'un histologiste consciencieux qui n'a vu que les lésions sans le microbe, c'est vrai, donne la clef du processus microbien dans les tissus privés en apparence de lymphatiques. Elle aide au contrôle de ce fait, que dans rinfoction de l'endométrium par le streptocoque, analogue de l'érysipèle cutané, la progrès? ion en surface ne comporte pas nécessairement l'infection permanente des troncs profonds caractérisée par des lésions persistantes. Que, par contre, les ganglions, les nœuds ou confluents ganglionnaires sont toujours impressionnés dans le district correspondant.

C'est ce que nous savions d'ailleurs par les lymphangites réticulaires de la peau parties d'un tiaumalisme soptiquc du pied par exemple, ne laissant aucune trace infermédiaire et faisant suppurer un ganglion du creux poplité ou de l'aine.

Appliquée au vagin, à l'utérus cl au paramétrium. à l'ovaire, au péritoine, la conception du système lymphatique lacunaire simplifie l'étude (les processus microbiens qui allccteront, suivant les cas, l'extension en surface ou la pénétration en profondeur, sans cesser d'occuper le milieu lymj)hatique.

Ceci nous pormel d'accepter dès lors que, très vraisemblablement,

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