PATHOGÉNIE
L'inflammation des organes génitaux de la femme relève d'une éliologie assez bien connue aujourd'hui, pour qu'on puisse tenter d'en présenter un exposé, suivant les doctrines nouvelles basées sur la bactériologie.
Tout en faisant observer que le sujet présente encore bien des obscurités, et sous toutes réserves, je pense qu'il gagnera beaucoup en simplicité par la division suivante :
1" Inflammations banale et suppurative simple.
5" Inflammation blennorrhagique.
Les deux dernières catégories se détachent assez nettement, grâce a la tendance qu'on a aujourd'hui à leur attribuer un agent étiologique spécial et univoque. C'est pour l'inlhimmalion puerpérale le slrcptococciis puerperalis, pour rinflauiuialion blennorrhagique le gonococcus de Neissei\
Quant à l'inflammation banale ou suppurative simple, elle est de source microbienne multiple et ne ])cut prétendre à une caractéristique définitive. Seule son alluie clii;i(jLi(' })erinet de former un groupe descriptif des organismes qui la produisent.
En outre, il est fort probable qu'elle complique souvent les deux précédentes.
IM'LAMMATION BANALE.
liNFLÂMMATION BANALE. — SUPPURATION.
On ne comprendrait pas nettement comment j'entends cette catégorie, si je n'en faisais précéder l'étude par l'exposé rapide de ce que je considère comme l'inflammation banale des organes génitaux de la femme, en insistant sur les modalités cliniques affectées par cette variété d'inflammation.
Supposons une jeune fille vierge. Chez elle, ni contagion gonococcienne ni puerpérisme, et cependant elle peut présenter les signes d'une véritable inflammation génitale : vulvite, vaginite, métrite du col, ovarite et exceptionnellement ovaro- salpingite. L'évolution de ces processus reste discrète, mais on trouve, in sihi, les microbes nocifs ayant pénétré les voies génitales et effectué l'effraction des épithéliums affaiblis par des causes diverses. Une vulvite de cause irritative, une leucorrhée d'origine constitutionnelle, trouble physiologique pur, constitué par l'hypersécrétion muqueuse, créent, à l'entrée des voies génitales, un milieu de culture pour les microbes extérieurs, saprophytes ou pyogènes. La pullulation s'effcctuant, la fragilité des muqueuses leur ouvre une voie facile par les lymphatiques réticulaires sous-épithéliaux ; c'est comme une traînée jusqu'aux organes profonds.
Parfois la cause est plus brutale, il s'agit d'attouchements, de masturbation, d'introduction de corps étrangers (Schroder). Je n'ai jamais observé de cas bien évidents de ce genre d'infection, mais il est, du reste, très acceptable.
Dans un autre ordre d'idées, c'est une jeune mariée qui est en cause. Le traumatisme du coït, l'effraction violente des voies externes, parfois des plaies étendues ou tout au moins des lacérations avec desquamation épithéliale à la vulve et au vagin, viennent offrir aux microbes extérieurs un accès facile vers l'utérus.
46 l'ATlIUliÉME.
De rutérus. la propagation aux annexes est une affaire de temps, de hasard et de virulence. Combien de cas de celte espèce ont été rangés à tort parmi les cas de gonococcite matrimoniale! J'en connais, pour ma part, un grand nombre.
On peut classer enfin, quelques infections d'origine chirurgicale dans cette catégorie.
Somme toute, qu'il y ait simple érosion, comnie dans le premier cas, — infection profonde par transport direct du microbe à la surface des voies génitales internes, comme dans le second cas, — ou traumatisme compliqué de lymphangite discrète, comme dans le troisième, c'est toujours par le procédé banal de l'infection successive des muqueuses, deVextérieur à V intérieur, que se fait la traînée inflaniniatoire. L'analogie est frappante avec ce nui se passe, pour les inllammations du nez, de l'œil, de l'urèthre, etc. Rien ne ressemble mieux à certaines perimétrites rapides, succédant à une vulvo-vaginite septique, que la lymphangite fugace qui, pour une petite lésion d'un doigt, d'un orteil, vient créer une adénite inguinale on axiilaire.
Voyons maintenant les microbes habituels de ce groupe d'inflammations.
Microbes des inflammations banales. — Saprophytes et pyogènes. Suppuration sans microbes.
Les micro])es de cette catégorie, microbes non spécifiques, groupe très vaste et très mal défini, agissent sur les tissus de façon variable.
Un certain nombre de ces micro-organismes, désignés sous le nom \ague de sfipr ipinjtcs (organismes de la putréfaction), sont considérés comme à peu près inolfensifs pour les tissus vivants. Injectés dans les cavités séreuses, môme en grande quantité (Grawitz, Wcgner), ils sont résorbés et c'est tout au plus s'ils peuvent produire des phénomènes toxicjues par les ptomaïncs qu'ils engendrent, mais ils ne provoquent jamais la formation de pus. Vivant à la surface des muqueuses, où ils trouvent à se développL'r dans les sécrétions qu'ils décomposent, ils restent en dehors de l'épithélium protecteur; à