SAPROPHYTES
moins qu'ils ne soient en assez grand nombre pour forcer cette barrière, ou qu'une cause irritative mécanique ou chimique n'affaiblisse ou ne détruise la membrane épithéliale. L'adjonction fortuite de microbes pathogènes plus virulents est souvent aussi le signal d'une irruption secondaire des saprophytes dans les tissus vivants.
Les microbes pyogènes ont pour effet d'attaquer les tissus et de les détruire par le processus dénommé suppuration.
Ce dernier processus ne termine pas constamment la série des phénomènes inflammatoires. Il se peut que l'action microbienne s'arrête à la première phase de l'inflammation, congestion iri itative, exsudation, et que, par conséquent, la phase ultime, c'est-à-dire la suppuration, avorte, au moins au siège primitif de l'inoculation infectieuse. Avec les idées nouvelles, l'importance de la suppuration a singulièrement diminué.
D'ailleurs cette terminaison favorable et la bénignité du processus local primitif ne permetlent aucunement de préjuger ce que pourront être les lésions à distance. En effet, le courant circulatoire peut transporter au loin les micro-organismes dérivant d'un foyer initial où leurs congénères ont été rendus localement impuissants par l'effort réactionnel des tissus ; et, dans leur nouveau siège, c'est-à-dire dans les organes d'élimination tels que le foie, les reins, etc., ou dans les appareils lymphatiques, réseaux et ganglions, ces mêmes microbes peuvent accomplir une évolution plus complète aboutissant à la suppuration. C'est le cas des adénites suppurées, succédant aux lymphangites créées par une inoculation microbienne superficielle, non suppurative. Ce point est d'un haut intérêt en gynécologie, car il donne la clef de certaines suppurations pelviennes, survenues sans qu'une suppuration extérieure appréciable l'ait provoquée.
En réalité, la tendance habituelle des organismes de ce groupe est de faire du pus et c'est exceptionnellement que la suppuration manque. Il n'y a donc pas à établir, entre les microbes pyogènes, de différence spécifique basée sur leur tendance suppurative ou non suppurative, puisque la formation du pus, sous leur action, dépend de circonstances encore mal connues.
Dans cet ordre d'idées, il ne faut pas oublier que certains microbes spécifiques sont capables d'engendrer du pus. Nous citerons les
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microbes de la morve, du farcin, de la tuberculose, de l'érysipèle, de la fièvre typhoïde, etc. Mais ce qui les différencie des premiers, c'est qu'ils ne sont pyogônes qu'accidentellement, tandis qu'ils aflirment leur virulence caracléristique, par des lésions d'un tout autre ordre.
Enfin reste la question des suppurations sans microbes.
Cette opinion avait (Mé affirmée d'abord par Klemperer (1886) puis discutée par Rosenbach (1888) et Steiniiaus (1888). Elle paraît être actuellement jugée d'une façon définitive. Des expériences de Grawitz et de Bary (1887) ont établi qu'en prenant toutes les précautions antiseptiques voulues, l'introduclion de corps inertes dans les tissus vivants ne déterminait jamais la suppuration'.
Si, quelquefois, malgré toutes ces précautions, on a observé la formation de pus, il est possible que les substances injectées aient modifié les tissus, de telle façon que les microbes errants dans le système circulatoire trouvent un milieu de culture favorable dans ce locus minoris resistentise créé, pour ainsi dire, expérimentalement.
Nous précisons, par la même occasion, le pseudo-pus, résultat d'une exsudation dans l'intérieur d'une cavité artificielle dont les parois ne se sont pas accolées, ou d'un hématome ancien ; ce pseudo-pus contient, outre les exsudais, des cadavres de cellules qui proviennent de la mortification des parois, mais jamais de microorganismes.
Microbes de la suppuration.
11 faut accepter que le dernier stade de l'inflammalion étant habituellement caractérisé par la formation du pus, c'est dans ce liquide qu'il convient de rechercher les micro-organismes qui ont engendré toute la série des pliénomènes inflammatoires. On les y trouve, en effet, avec leurs caractères morpliologiqucs et leurs qualités pathogènes.
1. GiuvviTZ et. ns Baiiy. Ueher die Ursaclien der snbculnitcn Enlziiiidinu/ inid Eilerung. Virchow's Arcliiv., 1X87, t. CVIll, p. 67.
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