‹ Introduction a la pratique gynécologique (volume 2)Chapitre 27 sur 100 · Ki.EBs. Traité des plaies d'armes à feu · texte numérisé non relu

Ki.EBs. Traité des plaies d'armes à feu

2. Ogstux. Report iipon microorganismes in surgical diseuses. British médical journal, 1881, t. I, p. 369.

3. UosENBACH. Uicroorganismen bel den Wundinfektionskrankheilen des Mensciiini, Wiesbaden, 1884.

4. Passet. Veber Microorganisnien der eitrigen Zellgewebesenlzïmdnng des Mensclieii, Fortschriile des Medicin. 1885, n" 2 et 3, p. 53 et 08.

50 PATIIOGÉNIE.

Eu France, Pasleiir, bien avant ces derniers auteurs, avait depuis longtemps isolé, dans le pus, le micrococcKs tennis, et reconnu la présence d'un diplocoque susceptible de former des chapelets de grains (sireptococcns) en culture liquide. Ce sont ces mêmes microbes que j'ai décrits en 1879-80, dans les suppurations puerpérales. J'ai aussi figuré, à cette même époque, le staphijloroccns pijogcncs et décrit le staphxjlococvus anrens dans le pus des abcès d'un homme affecté de suppurations diffuses.

Charrln, de 1884 à 1889, a fait la découverte et l'histoire complète du bacille pijocyaniqne.

Ces microbes, bien que pouvant provoquer, chez l'homme, des accidents assez variables, présentent toutefois comme un air de famille, en ce qui concerne leur' mode d'action.

Mais ils sont distincts et n'ont de commun que cet air de famille, caractérisé par leur façon de réagir sur les tissus, — en déterminant d'abord la transformation et la mort des cellules au protoplasme desquelles ils s'incorporent, — en provoquant l'afllux des leucocytes par l'exagération des phénomènes de la diapédèse, — ainsi que la transformation des tissus par multiplication embryonnaire des éléments, — et enfin l'adultération irritative du milieu, par les diastases solubles el les ptomaïnes qu'ils sécrètent.

Le liquide produit par ces phénomènes fusionnés n'est autre chose que le pus franc.

Donc, le plus souvent, les microbes pyogènes se bornent à proliférer dans les environs du point d'inoculation accidentelle; il en résul.e un abcès chaud, ou, dans le cas de plaie chirurgicale, une suppuration secondaire aboutissant à la cicalrisalion.

Mais quelquefois (ce qui est autrement grave), ils peident ce caractère important, la localisalton, el tendent à se généraliser par migration, se rapprochant ainsi de quelques pyogènes dits spécifiques que nous étudierons plus tard.

On les voit se répandre dans la circulation générale, soit par la voie sanguine, soit par la voie lymphatique; ils déterminent alors les accidents de l'infection purulente ou pyohémie.

D'autres fois encore, portés au sein des viscères qui constituent pour eux un milieu de culture favorable, ils y provoquent la foimation de petits abcès multiples (abcès métastatiqnes).

11 y a environ 14 ans, Pasteur* croyait que le pus était délerminé toujours par des microbes arrondis (cocci), disposés par paires, les deux éléments de chaque couple étant au contact, — autrement dit. des diplocoques.

Il considérait ces points doubles découverts dans le furoncle, l'ostéomyélite suppurée, comme les agents véritablement pyogéniques, et moi-même, en J880, je reproduisais ces idées dans ma thèse. Les nombreux examens auxquels je m'étais livré m'avaient permis de retrouver ces points doubles, en grand nombre, dans les lésions de la fièvre puerpérale à type pyohèmique, surtout dans ces formes suppuratives lentes caractérisées par des collections purulentes anciennes. Ayant reproduit et multiplié ces diplocoques par les cultures, j'avais toutefois fait la remarque que, avec des ensemencements convenablement dirigés, ils se transformaient définitivement en chainetles, ou chapelets de grains; d'où la conclusion que cette dernière disposition microbienne me paraissait constituer le type complet, achevé de ces diplocoques et marquer le dernier stade de leur évolution.

Cette doctrine des points doubles pyogéniques était le résultat d'uqc technique bien imparfaite, comparée à celle d'aujourd'hui.

Avec les procédés actuels d'éclairage, de coloration, d'isolement et de culture sur milieux solides, on a reconnu que les diplocoques pyogènes, ou du moins considérés comme tels par Pasteur, faisaient partie d'un groupe morphologique plus étendu, celui des microbes en chaînettes. Cette dernière forme, que j'avais m.ise en évidence au moyen des cultures, existe dans le pus avec son entier développement et compte au nombre des éléments pyogènes.

Aujourd'hui, on enseigne que les microbes de la suppuration commune sont des microcoques groupés suivant deux modes distincts : en grappes [Staphylocoques] , et en chaînettes {Streptocoques).

Ces mots éveillent l'idée de groupement et non celle d'une forme particulière aux éléments microbiens eux-mêmes. 11 s'agit ici de cocci, ou microbes arrondis, qui se juxtaposent de manière à figurer soit des grappes, soit des chaînettes. Le plus souvent les cocci sont de petites dimensions (microcoques) ; d'autres fois, au contraire, ils sont de la grosse variété coccienne {macrocoques). Mais ces différences

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