Académie des sciences, 1880, t. LXXXIX, p
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de volume n'oni qu'une importance secondaire. On peut en efl'el les reproduire expérimentalement et passer d'une variété à l'autre par le moyen des cultures. On ne saurait donc y attacher des caractères distinctifs.
Au reste, grappes et chaînettes ne sont autres que le lésultat de deux modes différents dans la reproduction des cocci. Que la reproduction se fasse suivant une direction donnée et des axes parallèles, on aura des cellules-filles placées bout à bout. Qu'au contraire elle s'effectue en plusieurs sens différents, sans obéir à un système géométrique quelconque, il en résultera une agglomération diffuse de cellules-tilles, rappelant l'aspect d'une grappe.
Les staphylocoques sont donc des amas de microcoques, groupés les uns près des autres, de manière à simuler une grappe de raisin, dont chaque grain serait représenlé par un microcoque (fig 1, pl. Ij. Ils ont été découverts en 1881 par Pasteur, dans du pus de provenance l'uronculeuse. Depuis, on les a retrouvés dans le pus ordinaire associés on non aux streptocoques.
Cette association a lieu dans les proportions suivantes, dans la statistique de Zuckermann, qui porte sur 495 abcès examinés :
Staphylocoques seuls H "/«
Streptocoques seuls iô "/„
Staphylocoques et streptocoques associés. . . 5.5 "/o
Les staphylocoques se rencontrent égalemi ut, mais à l'état isolé, dans diverses suppurations considérées comme spécifiques, pus du furoncle, ostéomyélite, etc.
Les streptocoques sont formés par des microcoques placés au bout les uns desauti'es; il en résulte un véritable chapelet de grains, plus ou moins long, ordinairement sinueux (fig. pl. I). 11 en est de Icllejnent longs qu'ils donnent lieu à des enchevêtrements inextricables.
OIICA.NISMKS DE I,\ SI Pl'l liATlO.N (UIOI PIÔS SUIVANT l.Kl'll ACTION l'YOGli.MQUK ET SIOPTIQIF, (vont Pl.. I KT II).
Nous distinguerons iuimédialement (rois filaj)ltijlocoques éminemment pyogènes, sur l'histoii'c desquels il sera utile d'insister; nous
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voulons parler du Si. pyogenes aureus, du St. pyogeues albus et du iSY pyog. citrcus.
Dans un second groupe, il convient de placer le Si. flavesccns à rapprocher du micrococcus pyogenes tenuis.
Ces deux derniers organismes font du pus, mais leur action pyogénique, outre qu'elle est ti ès faible, ne comporte pas une réelle virulence, de sorte que les abcès contenant uniquement ces microbes n'entraînent pas de réaction générale, et, dès que ces abcès sont évacués, ils n'ont point de tendance à se reproduire.
Entîn dans un troisième groupe, nous rangeons le St. cereus faims, et le S7. cereus albus, qui se rencontrent aussi dans le pus. Leur culture inoculée aux animaux ne produit point de suppuration ; ce sont donc des organismes indifférents, des saprophytes.
a) Le Slaphylococcus pyogenes aureus, le plus important de tous, est ainsi nommé parce qu'il donne, surtout sur gélatine, une culture caractéristique : il détermine, en etTet, au fond des tubes, un abondant dépôt couleur jaune d'or.
II se rencontre soit à l'extérieur, soit à l'intérieur des globules purulents; il est constitué parla réunion de cinq à vingt grains, quelquefois davantage, et se colore très aisément par plusieurs pi'océdés (Gramm, Lœffler, Malassez', etc.).
Dans le pus ordinaire, c'est le plus abondant des staphylocoques; c'est aussi le plus actif, le plus virulent, ainsi que le démontrent les inoculations. En dehors des abcès communs, on le rencontre également, à l'état isolé, dans les tissus qui sont le siège de plusieurs affections particulières, dont la nature parasitaire avait été méconnue, et pour lesquelles on lui fait jouer le rôle d'agent pathogène et spécifique. C'est ainsi qu'il est considéré aujourd'hui comme le microbe du furoncle, de l'hydrosadénite, de l'anthrax, de l'ostéomyélite.
b) Le Staphylococcus pyogenes albus, moins abondant dans le pus que le précédent, est également moins virulent; ses cultures donnent des dépôts de coloration blanche. En dehors de la suppuration commune, il ne paraît point jouer, comme l'aurcus, le rôle d'élément spécifique.
c) Entîn, le Staphylococcus pyogenes cilreus, le plus rare et le
1. LuDiiERT. liiolojische Simltpi'iuntersuclmnj des Staphylococcus pijogenes aureus, Wûrzhuj'g, l88ti.
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moins important des trois, donne, en cultivant, des dépôts couleur jaune citron pâle, bien moins foncés que ceux de l'aureus.
Quant à la physiologie des staphylocoques en général, on peut dire que, de tous les agents de la suppuration, ce sont les plus actifs en ce qui concerne la pyogénèse ; l'aureus surtout a des qualités pyogèncs très remarquables. Par contre, ils se propagent mal à travers les tissus, et ont de la tendance à rester localisés dans les milieu.^ envahis, où ils provoquent en général des lésions circonscrites, des abcès locaux. Toutefois cette inaptitude à la diffusion n'est pas absolue: on cite des cas (Vcrneinl, Kraske\ Rosenbacit-) où des anthrax, même de simples furoncles situés sur les membres, auraient provoqué dans le squelette sous-jaccnt des foyers d'ostéomyélite. Il s'agit là évidemment d'une infiltration en profondeur, suivie de métastase osseuse, dont le stapliylococcus aureus ferait tous les frais.
Il se peut que ces trois variétés de staphylocoque répondent simplement à des phénomènes de métamorphisme. Desser, de Saint- Pétersbourg, a constaté, en effet, la transformation du St. aiircim en St. albits et inversement'".
Passons maintenant aux Streptocoques.
L'agencement des grains eu chaînettes ne se renconire pas imiquement dans le pus des abcès vulgaires. On rencontre aussi cette disposition dans divers pus spécifiques, celui de l'érysipèle plilegmoneux. celui des formes suppuratives de l'infection puerpérale, celui des abcès multiples qui caract(''riscnt la pyoliémie chirurgicale, etc., etc. \ ce sujet, j'ai relaté dans ma thèse (p. '281) une très intéressante jbservation d'un sujet mort de méningite cérébro-spinale, avec d(î vastes suppurations du côté des séreuses. Ayant recueilli dans le pus et dans le sang de cet homme une grande quantité de diplocoques et de chaînettes, j'insistais, dès cette époque, sur la simililiuh» des processus pathogènes et des lésions, entre cette redoutable maladie et l'infection purulente en général.
Mais les foyers purulents divers u(>, constituent pas les seuls milieux pathologiques habités parles streptocoques.
1. Kraske. Zur Ailioloqic und PaUiogenesr des Anticii Oslrointjclilis. — Arcliiv. /". Klin. Chirurg., 1887, t. \XX1X, p. 706.
2. RosEMucii. Vorlavfiqi- Mitllieihiiig ïtehcr die arulc Ustcomyclilis beiin Mritsthcn erzeiujendrn Mirroni-gaiiixiiifii [C.ciilrdlhlat fur Ciiirurgie), 188i, p. ()5.