Oimi. Wirclwiv's. Arcliiv. Bd. M
4. QuiNQiAin. Kss:ii sur le jmcrpérisme infectieux r/iei la femme el le iioiwrau-iic. Th. i'aris, 187-2.
après avoir contribué au travail de M. Pasteur, fit faire un grand pas à la question par ses recherches originales. L'auteur s'est assuré, en multipliant ses recherches sur des types d'infecliou nombreux et difféi'cnts, que les microbes susceptibles de pénétrer dans les voies génitales des femmes accouchées sont de forme, de quantité et de qualité variables. Comme Pasteur, il a isolé l'organisme en chapelet trouvé dans le sang et les lymphatiques. Il a isolé également le micrococcuspyogenes, et dans un cas il a rencontré, une heure après la mort, une forme de bacille septique dans le sang d'une malade qui succomba à une infection rapide.
Essayant de grouper les variétés de microbes, d'après leur aspect extérieur, en les rapportant aux types cliniques les mieux définis : forme suppurativc (lymphangitique), forme pyohémique (phlébitiquc), forme septique rapide, il en a déterminé trois espèces :
1° Le micrococcus en point {monococcus, diplococciis, groupes, chaînettes);
2° Le microbe en longs chapelets de grains (celui de Pasteur) ;
5" Le bacille septique en fds et en longs bâtonnets.
A la première espèce il rapporte la pyohémie lente, à la seconde les suppurations rapides dans les séreuses, à la troisième la septicémie sans suppuration ou avec très peu de pus, mais à la marche toujours prompte et à terminaison fatale.
Dans cet essai, Doléris a choisi, pour sa division, les formes cliniques vraiment ty})iques, celles qui dessinent des catégories distinctes; mais il en est de mixtes, de plus complexes qui apparaissent dès que les organismes se rencontrent associés. Comme en clinique, d'ailleurs, où les formes se compliquent, se confondent, la lumière n'est pas absolument faite sur le rôle de chaque variété de microbes dans la genèse de l'infection. »
Les conclusions de ma thèse sont bien peu de chose, si on les compare à la somme de travail qu'elles m'ont coûté ; et encore que d'hypothèses! Je pourrais les résumer davantage en disant que ces recherches ont tout au plus donné la double preuve expérimentale des propositions qui suivent :
1" Des organismes infectieux sont toujours présents dans l'infection des femmes en couches ;
2" La plupart de ces microbes sont pyogènes et, selon l'interprétation actuelle, septiques par les poisons qu'ils sécrètent ;
5" Ils reproduisent des septicémies et des suppurations expérimentales par l'inoculation de cultures successives.
Quant à la forme des organismes et à la corrélation al)Solue de cette l'orme avec des effets fixes et distincts, c'est à peine si j'ai osé tenter une classification qui m'a paru coïncider avec la généralité des faits. Je n'y tiens pas, d'ailleurs, car on peut se convaincre, en lisant mon travail, que la question de morphologie m'a toujours semblé d'une obscurité profonde.
Il s'y rattache néanmoins des données dont nous ne pouvons pas mesurer actuellement toute la portée.
Une idée a toujours dominé mes recherches, c'est la notion que le micrococcus, c'est-à-dire les bactéries sphériques en poinis simples, doubles, agglomérés en groupes ou disposés çn chaînette, réalise le véritable type auquel se rapportent les variétés de microbes de l inflammalion puerpérale.
Ce n'est pas tout et, pour conservera mes observations leur valeur, je tiens à fournir quelques citations précises, relativement aux variétés d'organismes que j'ai entrevues et aux associations morphologiques que j'ai eu l'occasion d'observer, dans certaines formes do l'inllammation puerpérale. J'ai vu prédominer, au bout d'un certain temps, dans les cultures, un micrococcus en groupe, en colonies agglomérées, en grappe, un staphylococcus, en un mol, dont le développement amenait, dans le liquide, la coloration jaune d'or reconnue aujourd'hui comme caractéristique du slaphylococcus aureus (observation xli, page 215 et observation xxxv, page '202-205).
Voici textuellement l'extrait d'une observation de ma thèse, Irès importante au point de vue des variétés de forme, concernanl le cas d'un phlegmon iliaque volumineux ouvert sur une fcnnne accouchée depuis plus d'un mois.
« Je prends du sang avant l'opération et du pus de l'abcès. Je mets chacun des deux en culture dans deux li([ui(les, urine et bouillon. Le résultat de la culture est des plus inléressants.
Dès le lendemain, 0 avril, les ballons contenant du pus ont cnllivé en quanlilé vraiment incroyable l'organisme pyogénique en points doubles.
Les microbes sont rassemblés en amas; il y a aussi de véritables agrégats d'un beau jaune, déposés sur le l'oml du vase en couches épaisses.
Le 7 avril les micrococci sont déposés en longs chapelets dans tous les ballons; peu de diplococci relativement.
Deux jours après, il ne reste plus de chapelets : il n'y a plus que des micrococci en points, en couples et en colonies (grappes).
Évidemment l'infection était mixte.
La couche des grumeaux est plus épaisse encore, mais composée de plus fines miettes, elle est molle et toujours d'un beau jaune, couleur du pus caséeux. »
Ces observations empruntent un intérêt particulier, au fait de la coexistence de deux formes d'organismes différents, pyogènes et infectieux tous les deux. C'est au moins la façon d'interpréter la chose à l'heure actuelle.
Si, à la place de chapelets, j'avais dit streptococcus et au lieu de grappes ou colonies, staphylococcus, il restait vraiment peu de chose à faire, quant à la détermination microbiologique de la maladie.
Étant donné que les lymphatiques et le péritoine sont, en l'immense majorité des cas, profondément affectés, ce qui constitue ma forme lymphangitique de l'infection, je suis resté incontestablement dans la vérité quand j'ai découvert et montré que, toujours, dans cette forme, le type bactérien prédominant ou exclusif est le streptococcus; et qu'il se rencontre, à la fois, dans le sang, le pus des lymphatiques, les liquides péritonéaux, ainsi que dans l'écoulement lochial. Il m'était difficile de préciser davantage, vu qu'à l'époque de mon travail les procédés de la microbiologie étaient fort restreints.
Reste à savoir si en signalant la présence de bacilles véritables et de micrococcus en (7?Y/jop(? (staphylococcus), chez certaines femmes infectées, j'ai été victime d'une illusion. Je viens de reconnaître que je nie tiens pas à cette assimilation absolue d'une forme microbienne à une forme anatomique, voire clinique de l'affection, mais je ne reconnais pas encore l'impossibilité de combinaisons diverses des organismes susceptibles de produire l'infection spéciale. J'accorde que le grand vibrion de la septicémie, qui provenait d'un cas unique, et que j'ai consenti à figurer, soit rayé du cadre des microbes puerpéraux, pour la raison qu'un cas isolé ne prouve rien, et pour cette autre raison que les septicémies foudroyantes, comparables aux gangrènes gazeuses, ont disparu des maternités. Mais je n'avoue point m'ètre trompé quand j'ai décrit le bacille de la putréfaction
dans tel cas où il existait réellement. Je sais bien que dominé, d'une part, par le dogme pastorien des aérobies cl des anaérobies; me défiant, d'autre part, de la doctrine à peine ébauchée des diastases toxiques (Panum, Bergmann, Zueizer), doctrines perfectionnées depuis par Selmi et Gautier, je pouvais subir un entraînement, en ce qui touche les localisations possibles des organismes dans tel ou tel milieu. Mais aujourd'hui encore, il n'est pas en mon pouvoir de changer les faits; les explications que j'ai tentées sont peut-être des erreurs, mais point les constatations.
J'ai mieux précisé, par la suite, le rôle des bacilles septiques.
En 1883 j'ai soumis à la Société anatomique un cas de myôme utérin ayant occasionné la mort au ternie de la grossesse, à la suite d'un travail long et pénible, marqué par des interventions successives (forceps, céphalotripsie). L'extraction du foetus ne put avoir lieu. La parturiente a succombé à la septicémie rapide ayant pour origine une putréfaction intense des tissus utérins, de la physométrie et de l'emphysème putride du tissu cellulaire de la région hypogastrique. J'avais étudié longuement le cas, au point de vue bactériologique et je puis aflirmer que c'était bien une septicémie type occasionnée par des organismes bacillaires et non point par le streptocoque ou le staphylocoque.
De la discusion qui eut lieu et à laquelle prirent part MM. Brun, Duret, et le professeur Cornil, ressortit alors la réalité de ces sortes d'infections.
J'ai retrouvé quelques autres cas analogues.
Toutefois si mes premières études sur l'infection puerpérale ont conquis dès l'abord la faveur du public médical, quant à l'ensemble de la doctrine, la théorie de la nmlliplirile des agents de Viiifection a été vivement contestée.
En 1882, Chauveau', et en 1885, Arloing^ ont inoculé des cultures de microbes en chaînettes, de virulence variée et ont cru pouvoii conclure que les diverses formes de la septicémie puerpérale reconnaissent un seul agent, le streptocoque.
Par contre. FrankeP (1884),Cushing de Boston* (1885), Nœgge-
1. Chauveau. Sw lu scpliccinic piierpcrale cxpvruiienlulc. Li/on médical, [i<Sl, p. 27.'.