DÉFINITION
conserver jusqu'ici les mots de la nosologie ancienne; peut-être est-ce aussi la négligence des spécialistes en matière d'anatomie microscopique.
Il est urgent, toutefois, de faire cesser cette confusion et d'élablir, sur le terrain des nouvelles doctrines, l'entente entre la pathologie moderne et la gynécologie. Pour cela, il est nécessaire de pénétrer plus avant qu'on ne l'a fait jusqu'ici, pour le sujet qui nous occupe, dans l'étude de détails scientifiques un peu abstraits, tels que l'histologie normale et pathologique, l'histochimie, la physiologie.
L'obligation s'est imposée déjà pour les auteurs les plus récents, de faire bénéficier l'élude de la gynécologie des notions pathogéniques acceptées maintenant et ayant cours dans la science. Mais il faut convenir que beaucoup d'entre eux paraissent s'assimiler assez difficilement des données où la tradition se trouve mal à l'aise avec les nouveautés. lien résulte un trouble qui nuit à la clarté de l'exposition et à la netteté des divisions.
Cette première obligation aurait dû en entraîner une autre, non moins impérieuse : la revision de l'étude nosographique. Cette revision doit être basée sur l'exacte apprécialion des symptômes juxtaposés aux lésions aujourd'hui mieux connues.
En d'autres termes, aux groupes symptomatiques obscurs de l'ancienne gynécologie, il est logique, à l'heure actuelle, d'opposer des divisions et des tableaux cliniques reposant sur la connaissance matérielle d'un fait et non sur l'analyse philosophique d'un phénomène.
Peu d'auteurs se sont essayés à cette tâche; les tentatives de quelques-uns paraissent avoir augmenté la confusion.
Nous en trouvons un exemple entre autres dans la conservation de cette variété, la métrile liémorrluKiiqne. Pourquoi donner à Yhémorrhagie, qui est un symptôme précieux de l'endométrite du corps de l'utérus, une importance préjudiciable à l'intelligence de certains autres troubles utérins nullement inflammatoires, dans lesquels l'hémorihagie apparaît également à titre de symptôme prédominant?
Dans l'utérus, on peut observer, en effet, la métrorrhagie, môme à répétition, véritable épistaxis utérine, congestive, passive ou active, neurasthénique, etc., analogue à l'hémoptysie, sans qu'il y ait inflam-
i INFLAMMATION .DES ORGANES GÉNITAUX.
mation réelle de l'organe ; et ce serait une erreur de conclure de l'existence de cette métrori'iiagie à la réalité de la métrilc.
La congestion, rcngorgernent, troubles pliysiologiques purs, accompagnent généi'alement la métrite, mais, seuls, ils sont impuissants à constituer cette inflammation : il faut quelque chose de plus.
Ceci m'amène à définir, une fois pour toutes, ce mot d'inflammation, d'après la conception moderne.
Ici, il ne saurait être en eiïet question de restrictions, ou d'éclectisme. 11 faut être décidément doctrinaire et accepter avec foutes ses conséquences la théorie Pasfurienne; il faut, en un mot, être décidé à séparer les processus microbiens des processus non microbiens; faire la distinction entre l'évolution active d'une lésion, sous l'influence d'un agent parasitaire défini, d'une part, — et, d'autre part, la transformation ou la multiplication des éléments histologiques sous des influences encore indéfinies, mais qui diffèrent essentiellement de l'action pathogène des microbes.
L'inflammation, telle que nos maîtres nous ont appris à l'envisager, telle qu'elle est encore exposée dans un grand nombre de livres, est représentée par trois symptômes objectifs primordiaux : tuitior, calor, ruhor, auxquels, pour être complet, il fautajouter un quatrième symptôme, subjectif celui-là : dolor. C'étaient les quatre signes cardinaux de l'inflammation.
A côté de cet ensemble caractérisant la phlogose, il y avait la réaction de l'organisme, la fièvre.
Mais bientôt il se fait un grand pas. On relègue au second plan ces symptômes grossiers, et on envisage de préférence les phénomènes intimes, le processus analoino-pnlltologiqiie de l'inflammation en général.
Celte étude amena la découverte de faits nouveaux et aboutit à une conception fondamentale autrement précise et approfondie. Il y a \ingt ans, on ne voyait, surtout dans le processus inllannuafoire, qu'une succession de phénomènes névro-vasculaires caractérisés par:
r L'irritation, et l'appel fluxionnaire dans les capillaires des tissus irrités;
2" La stase veineuse;
5" Les modifications plastiques, c'est-à-dire la prolifération des cellules dans le territoire trop nourri, en même temps que se produit la diapédèse des leucocytes au travers des vaisseaux.