ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — MIGRATIONS
b). — Migratiom par la voie externe exclusivement. Lymphangite. — Phlébite des troncs vasculaires. — Péritonite.
Bien différent du processus localisé aux foyers muqueux, comme dans la variété précédenle, est celui qui prend sa source non dans la muqueuse, mais dans un foyer traumatique pénétrant, ayant opéré l'effraction de la couche musculaire du col utérin.
La déchirure de cette tunique a ouvert de gros vaisseaux veineux et lymphatiques, et donné accès à l'infection dans la couche externe ou celluleuse. Les larges vaisseaux logés dans cette dernière n'ont sans doute pas les mêmes facilités d'oblitération par des caillots solides, que ceux qui sont contenus dans l'épaisseur de la couche musculaire, et soumis à sa contraction. Quoi qu'il en soit de l'interprétation, le fait est que, une lois ces foyers traumatiques envahis par les organismes pathogènes, on voit se dérouler toutes les lésions de la paramétrite à forme extensive.
Là migration infectieuse se fait par deux voies différentes : la voie du tissu conjonctif et la voie vasculaire.
Dans sa forme vasculaire, elle se caraclérisc par les processus de la lymphangite, et de la phlébite, qui comportent toujours une zone de cellulite autour des vaisseaux enflammés (périlymphite et périphlébite).
Lymphangite. — Plus spécialement propagée au système lymphatique, l'inflammation créera les masses phlegmoneuses promptement converties en foyers abcédés, dont je ferai l'histoire à propos de la paramétrite.
Elle aboutira, par des voies assez directes que j'ai indiquées déjà, à la trompe et au bile de l'ovaire, pour amener la suppuration quelquefois totale de cet organe.
Pelvi-péritonite. — Enfin on accepte généralement que le péritoine subit l'influence de voisinage de l'inflammation, qui évolue au-dessous de lui et se propage à lui, grâce à la communication des
tissus sous-séreux, avec le réseau sous-endothélial, plus spécialement décritpar Fridolin. Poirier', Wallich% Reclus^. Uovaire s'enllammerait de la même façon.
Cette pathogénie de la péritonite n'est rien moins qu'établie et comporte une discussion qui prendra place ailleurs.
Le point capital actuel de cette élude est de savoir si réellement l'inlection suit forcément la voie muqueuse et si, des angles de la cavité de l'utérus l'inflammation gagne le segment interne de la trompe, et de là enfin, le pavillon, puis le péritoine, l'ovaire, etc., pour créer la salpingo-ovarite ou pelvi-péritonite puerpérale.
Ou bien si l'infection du pavillon tubaire et celle de l'ovaire procèdent directement du parametrium, par l'intermédiaire de quelques gros lymphatiques venant du col ou du corps et aboutissant à la corne de l'utérus et aux annexes.
, Dans la première hypothèse, les lésions, aussi bien que les microbes, doivent se rencontrer tout le long du trajet génital.
Dans la seconde , ils ne se rencontreront pas dans le segment interne de la trompe.
J'ai observé des cas de lésions macroscopiques qui plaident en faveur de la deuxième hypothèse sans que ces preuves puissent infirmer absolument la première.
iMais Bumm récemment affiiune que jamais il n'a rencontré d'organismes dans le segment interne de la trompe; que, d'autre part, les cas les plus foudroyants sont ceux où le streptocoque troue la paroi utérine directement et gagne le péritoine au travers des faisceaux musculaires utérins. C'est en effet un mode de migration profonde qui n'est point niable pour cet organisme.
La théorie elle-même de la migration par la voie muqueuse .semble, de la sorte, remise en cause, comme on pouvait le supposer à première vue.
Mais cette migration aussi rationnelle que réelle n'est pas discutable.
C'est donc plutôt la précocité des lésions et des accidents graves qu'il s'agit d'expliquer. En d'autres termes, quel organe ou mieux quel segment de cet organe est atteint en premier lieu?
1. PoiniEu. Mém. sur les lympli. des org. géiiit. delà femme. '2. Tlièse sur les lympliati(iiies de l'utérus.
5. lUcLus [Laparolomie dans la pelvi-péritonite pure). Société de Chirurgie, 1892.