ANTISEPSIE PENDANT L'ACCOUCHEMENT
ont cherché l'amélioration des méthodes et vulgarisé avec ardeur cette précieuse sauvegarde des accouchées. On peut dire que l'on est arrivé sur ce point à la perfection.
L'antisepsie pendant l'accouchement peut se résumer en cette formule que j'ai proposée en 1879 : // faut se comporter à regard du milieu qu'on veut protéger , avec la même rigueur que lorsqu'on veut prévenir Ventrée des germes dans un ballon de culture. Les médecins initiés aux pratiques aujourd'hui vulgarisées de la bactériologie me comprendront aisément. Cette simple formule, quand on y réfléchit, montre la puérilité de quelques pratiques qu'affichent certains médecins, peu au courant de ces méthodes rigoureuses de la culture des microbes, tandis qu'ils négligent parfois, inconsciemment, des précautions indispensables.
Pour rendre la méthode antiseptique, durant l'accouchement et ses suites, plus tangible encore, j'ai paraphrasé dans le même ouvrage de 1879 les règles générales, dans les principes suivants.
1" Prévenir l'introduction des germes (antisepsie avant l'accouchement).
2° Paralyser leur action (antisepsie après l'accouchement).
5" Leur fermer les portes d'entrée : veines, lymphatiques, trompes (emploi des moyens qui favorisent la contraction utérine).
Pour m'en tenir à l'antisepsie pendant l'accouchement, je dirai qu'elle équivaut à rendre aseptiques tous les contacts avec les organes génitaux de la femme, ceux-ci étant supposés en état d'asepsie. Je me contenterai d'en faire le détail.
a). — Asepsie de la parluriente.
Bains généraux. Évacuation intestinale et vésicale. Désinfection de la vulve et de la régiim par des lavages et un brossage soigneux avec le savon et la solution de sublimé à l/1000^
Suppression des poils exubérants.
Désinfection du vagin par les injections antiseptiques.
Protection de la région par une compresse sublimée souvent renouvelée.
Après chaque examen, injection vaginale antiseptique et renouvellement de la compresse protectrice. Les examens seront aussi rares que possible.
Pour renseignements complets on lira avec fruit le bel ouvrage de Tarnier sur l'antisepsie en obstétrique.
b). — Asepsie des mains de V accoucheur.
Inutile de rappeler toutes les discussions élevées à ce sujet, surtout depuis les recherches de Frommel, qui a montré de quelles diflicultés est entouré le problème de cette désinfection rigoureuse. Dans la pratique chirurgicale de certains opérateurs, j'ai été frappé de la simplification des précautions recommandées généralement. C'est ainsi que Tait affecte de se laver à peine les mains avant la laparotomie, et que j'ai \u Bantock se contenter d'un savonnage et d'un brossage soigneux suivi du nettoyage des ongles, sans emploi de solutions antiseptiques. La statistique de ces chirurgiens ne parait pas se ressentir de cette négligence voulue.
Je n'ai pas ici à critiquer mais seulement à conseiller. — Il me parait donc d'une prudence élémentaire de recommander les précautions les plus minutieuses pour la propreté des mains et l'emploi de solutions antiseptiques à fort titre. Le sublimé à 1/1000'' n'est pas de trop. Dans les maternités où des étudiants sont appelés à examiner les femmes en travail, il faut être exigeant en ces matières. On voit parfois des élèves quitter le lavabo, et, dans l'intervalle qui s écoule entre le lavage et l'examen, porter leurs mains sur leurs vêtements ou sur les objets qui entourent la femme, etc. Un examen ainsi fait est toujours suspect, sinon réellement dangereux, étant données les autres précautions prises. Je recommande donc le nuiintien d'un vase contenant la solution de sublimé teintée à côté du lit de la parturiente. L'usage du permanganate de potasse ne me paraît pas indispensable. C'est une complication. Je rappelle aussi que tout examen doit être suivi d'une irrigation dans le vagin.
La précaution la plus sure est la suivante :
Immersion de la main dans Véther ou Valcool rectifié, au moment du toucher.
Emploi de vaseline au sublimé pour le loucher.
Pour la délivrance ordinaire, mêmes précautions ; — plus rigoureuses encore, si possible, pour la délivrance artificielle.
ANTISEPSIE PENDANT L'ACCOUCIIEMEiNT.
loi
c).- — Asepsie des instruments, des effets de pansements, de Vouate des compresses, des gazes.
La stérilisation de ces diflerents objets s'obtient aujourd'hui dans des étuves ad lioc. L'important est de ne pas leur permettre de se souiller au moment même où l'on ^a s'en servir. L'emploi de flacons fermés — l'immersion dans des bains d'une solution phéniquée forte, l'interdiction à quiconque de toucher à ces objets, en dehors de l'aide sûr et désinfecté qui en a la garde et la surveillance au cours de l'opération, telles sont les précautions de rigueur. Quand il s'agit d'un instrument de petite dimension, sonde, ciseaux, bistouri, etc., le flambage rapide à la lampe à alcool, au moment d'en faire usage, est la meilleure précaution.
d). — Nature des antiseptiques à employer. (Sublimé. ■ — Acide phénique. — Et lier.)
Je n'ai parlé jusqu'ici que du sublimé en solution forte à 1/1000*^, — je n'ai pas senti la nécessité de multiplier le choix des antiseptiques pour l'asepsie des organes génitaux externes et des mains — l'expérience m'a montré qu'il suffit amplement et est sans danger dans ces conditions restreintes. — Je ne suis pas suspect de partialité à son endroit, ayant été un des premiers à attirer l'attention, en France, sur les graves eflets de son emploi inconsidéré, quand il s'agit de surfaces absorbantes ou cruentées comme le vagin, le col et la cavité utérine, après l'accouchement.
Pour les instruments, Vacide phénique en solution s'impose, le sublimé ayant le fâcheux inconvénient d'en altérer le métal.
Pour les mains, j'ai parlé de Véther comme toilette terminale; son action destructive des corps organiques est très réelle et rien ne peut mieux compléter un nettoyage soigneux et prolongé obtenu par les moyens indiqués.
De cette façon, je réduis à trois les agents de l'antisepsie pendant le travail, et cette simplification n'est pas sans intérêt pour la pratique.
N -B. — Je ne veux pas compliquer la description sommaire qui précède, par la description de l'antisepsie en cas d'intervention opé-
ratoirc chirurgicale, pendant ou après le travail, ceci élant du ressort de la chirurgie ordinaire.