FOYER PRIMITIF ET FOYERS SECONDAIRES
appareils, communiquent avec le dehors et peuvent en quelque sorte être considérés comme extérieurs. Il est classique aujourd'hui que le coryza, l'amygdalite, la laryngite, la plupart des maladies intestinales relèvent de cette pathogénie.
Mais on peut aller beaucoup plus loin dans cette voie, et démontrer qu'il en est de même pour les maladies aiguës générales. Les exemples abondent : ainsi, pour ne citer que les fièvres exanthématiques à évolution cyclique et à réaction très marquée, quelqu'un doute-t-il sérieusement de leur contagiosité, de leur épidémicité, de leur spécificité, de leur origine extérieure microbienne?
Les phlegmasies d'origine intestinale, les entérites spéciales à certaines contrées, les gastro-entérites, les formes diverses de la fièvre typhoïde, les maladies aiguës du foie, l'hépatite des pays chauds, l'ictère grave, etc., toutes phlegmasies au premier chef, doivent, au même titre, être considérées comme d'origine extérieure.
Pour le larynx, les bronches, le poumon, on accepte que l'agent phlogogène qui produit les maladies aiguës de ces organes est un germe vivant et venu du dehors.
§ III. Des foyers secondaire!!» : rein, séreuses.
Si nous envisageons le rein, c'est autre chose et nous trouvons ici un double mécanisme de l'invasion microbienne. Le microbe que l'on rencontre dans le rein a pu pénétrer dans cet organe par une voie extérieure, c'est-à-dire les conduits, Vurùlhre, la vessie, ïnretère.
Par contre, le sang apporte au rein les parasites qu'il renferme et qu'il a puisés dans un foyer alimenté par le dehors.
Les décharges rénales sont parfaitement démontrées aujourd'hui par les travaux de Klebs, Bouchard, etc., et les néphrites n'ont pas de pathogénie plus certaine. Roblot défend la même thèse pour les cystites d'origine rénale, peut-être même certaines uréthrites chez l'homme. C'est là un exemple de foyer secondaire de l'inflammation.
Même loi pour les séreuses, qui sont des cavités lymphatiques entièrement closes.
Le rhumatisme infectieux ne fait pas exception à ce mode étiolo-
gique (Bourcy). Beaucoup d'arthrites rhumatismales aiguës sont essentiellement constituées par des décharges, dans les séreuses articulaires, d'un élément microbien primitivement localisé dans un autre organe, eu communication avec l'extérieur et dilTusé dans les milieux fluides de l'organisme. La blennorrhacjie nous fournira le principal exemple de ce phénomène.
Nous nous arrêterons à ces considérations.
§ lY. La répercussion métastatîque microbienne des maladies inflammatoires générales^ pyrexies ou autres^ sur l'appareil génital^ n'est pas démontrée.
Nous adoptons absolument la doctrine microbienne pour les formes aiguës de l'inflammation de l'appareil génital féminin, car pourquoi échapperait-il à la loi générale?
Nous fournirons plus tard les preuves de la solidité de celte première conclusion.
Une autre question de doctrine vient prendre sa place en regard de ce qui précède. Est-il vrai que l'appareil génital puisse devenir un foyer secondaire et répercuter, à l'instar du rein ou des séreuses articulaires, un état phlegmasiquc général?
A propos de ce qui vient d'être dit des néphrites, des rhumatismes et des arthrites infectieuses, 'il est nécessaire d'établir une distinction entre les séreuses et les organes génitaux.
On sait que le filtre rénal n'est autre chose qu'un émoncloire placé sur le trajet du système vasculaire, de sorle qu'on peut, à ce point de vue, faire rentrer le rein dans la catégorie des glandes appelées autrefois vasculaires sanguines. De même, les séreuses doivent être considérées comme une dépendance de la circulation lymphatique. Les décharges microbiennes partant d'un foyer primitif en contact avec l'extéi ieur et s'effectuant sur des séreuses fermées, deviennent tout aussi acceptables que les décharges rénales.
Bien de semblable ne peut être établi en règle quant aux organes d'un autre ordre; la nuisculaturc ni les muqueuses des voies génitales ne sont assimilables aux parenchymes ou aux séreuses.
Théoriquemeut cependant il n'est pas irrationnel d'admettre