‹ Introduction a la pratique gynécologique (volume 2)Chapitre 7 sur 100 · ROLE ÉTIOLOGIQUE DES INFECTIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

ROLE ÉTIOLOGIQUE DES INFECTIONS GÉNÉRALES

qu'une maladie infectieuse retentisse, sur les organes génitaux internes, par une de ces métastases si mystérieuses autrefois, si compréhensibles aujourd'hui avec la doctrine qui nous enseigne que tout foyer traumatiquc (ovaire, muqueuse utérine pendant les règles) peut être contaminé par un sang infecté.

Mais en pratique, si l'on fait le compte des filles qui échappent à ces influences et restent munies d'organes sains, ovaires, trompes, utérus, après avoir traversé une ou plusieurs de ces pyrexies graves qui sont si communes au décours de l'enfance et de l'adolescence, on les trouve en si grand nombre qu'en réalité l'inverse est exceptionnel. Cela nous autorise à considérer encore la théorie de la métrite, de l'ovarite ou de la salpingite infectieuses métastatiques, comme une hypothèse sans fondement solide.

Faut-il faire une exception à la règle précédemment tracée, pour les oreillons et pour la variole qui, au dire de beaucoup de cliniciens, retentiraient fâcheusement sur l'ovaire comme sur le testicule? Au cas où le fait serait acceptable pour le testicule, nous ne sachons pas qu'il ait été démontré bien positivement pour l'ovaire, et Vovarile ourlienne resterait encore à prouver; mais je me contenterai de faire remarquer que cette affection singulière serait en tout cas la seule capable d'atteindre l'ovaire.

Si donc nous adoptons pleinement l'origine microbienne extérieure des inflammations génitales; si, pour nous, elles sont le résultat de contages du dehors apportés au niveau de la muqueuse, nous ne voyons pas qu'il soit possible d'admettre, en thèse générale, l'extension des affections aiguës à cette môme muqueuse, pas plus qu'à la musculeusc ou à la tunique séreuse des organes génitaux. Nous ne saurions l'accepter, par la raison qu'on ne Va jamais démontrée.

Massin a récemment écrit (in Ark. Gijn., 1891) un mémoire sur « Vendomélrite dans les maladies aiguës infectieuses ». La muqueuse utérine examinée, après la mort, dans le fyplius récurrent, la pneumonie, le typhus abdominal, la dysenterie, présente des lésions liées à des phénomènes congestifs anormaux, apoplexies, troubles sécrétoires, hyperplasie des éléments du derme; mais on ne nous montre point le spirille, le pneumocoque, le bacille d'Eberth....

A propos des troubles utérins décrits par Slawjanski, pour le choléra, par Klotz dans la variole, la scarlatine, ïérysipèle,\a même appréciation peut être formulée : la typhisation du sang véhicule de

toxines irritantes, unie aux perversions nerveuses vaso-motrices, suffisent de reste à expliquer les altérations de la muqueuse génitale qui sont d'ordre irritatif pur. L'absence de Vof/etil éliologique lui-même évoluant in silu et reproduisant une lésion similaire coniplMe, dans ce foyer secondaire, ne permet pas d'admettre la nature vraiment inflammatoire du processus éminennnent passager, qui d'ailleurs n'aurait été signalé que dans des cas assez graves pour être devenus mortels.

Je comprends mieux les hémorrhagies utérines, simulant grossièrement la mélrite, dans le scorhxii, comme on l'a décrit tout récemment.

Tels sont en somme les seuls documents à l'appui de cette thèse plutôt mal présentée, qu'erronée.

Jusqu'à présent donc, la répercussioa microbienne, sur rapj)areil génital, des pyrexies graves, des lièvres exanthématiques, etc., doit rester dans le domaine des hypothèses ou tout au moins des faits exceptionnels.

S'il en était autrement, je le répète, toutes ou presque toutes les filles qui ont eu la rougeole, la variole, la scarlatine, une forme quelconque de la fièvre typhoïde, etc., devraient avoir, à cette occasion, contracté des métrites durables, des salpingites, des ovariles, des vaginites métastatiques et, au même titre, des stomatites ou des blépharites d'ordre semblable, ce qui n'est pas.

A part quelques affections à formes très significatives comme la syphilis, certaines pyoémies ou pyrexies exceptionnellement graves, dans lesquelles la difl'usion des lésions esttelle qu'aucun parenchyme n'y échappe, on peut dire que les exanthèmes secondaires ne s'étendent pas à l'appareil génital.

On n'a jamais décrit de mélrite. de vaginite réelles, de nature typhique, scarlatineuse ou variolique. On a bien indiqué, chez les petites filles, des vulvo-vagiiiites pouvant exceptionnellement se compliquer de inétrite ; mais des auteurs non suspects, Siretley entre autres, ont montré que c'est l'origine extérieure qu'il faut incriminer. 11 y a eu souillure des petiteslèvres par le pus, dès lors vulvite, vaginite, etc.

Les ovariteset les sapingo-ovarites de la variole doivent avoir môme origine, si en tout cas elles existent chez des femmes exemptes d'infection génitale antérieure.

ARTHRITISME ET EXANTHÈMES. 11

Par contre, on peut admettre, sans exagérer, que les maladies aiguës sévissant sur des femmes anciennement affectées de lésions génitales, réveillent ces lésions et, les ramenant à l'état aigu, les rendent exceptionnellement dangereuses. J'ai vu des faits de cet ordre et je crois intéressant d'en signaler la possibilité.

§ Y. Rôle de l'arthriti.smc et Aen exanthèmes.

Quelle influence faut-il assigner aux troubles dépendant de la nutrition viciée ou ralentie, à l'arthritisme et aux exanthèmes de nature herpétique?

Il n'entre pas dans le plan de cet ouvrage d'envisager les manifestations d'ordre dermatologique susceptibles de se localiser dans un point quelconque des voies génitales.

Toutefois il serait périlleux de passer sous silence certains exanthèmes diathésiques qui affectent parfois une similitude absolue avec l'inflammation banale des téguments ou des muqueuses.

C'est plutôt ici le lieu de faire une part aux allections dites constitutionnelles se rattachant à l'herpétisme ou mieux à l'arthritisme, et d'indiquer leur rôle dans l'étiologie des maladies génitales de la femme.

Ce rùle peut se ramener à deux genres de troubles : 1° Troubles sécrétoires ; 2" Exfoliation épithéliale accompagnée ou non de fluxions vasculaires du tégument ou des muqueuses.

De tout temps, les pathologistes ont assimilé à tort ou à raison l'acné en général avec la foUiculite cervicale; la coïncidence est certaine. Elle est tout aussi certaine avec l'existence des kystes de la vulve, du ■vagin et peut-être de l'ovaire. Ce sont, en un mot, les néoplasies kystiques épithéliales ramenées à l'arthritisme.

On est aussi biea fixé sur la fréquence de la leucorrhée, trouble sécrètoire analogue, chez les sujets ofl'rant la même constitution.

Chez eux, les érythèmes tenaces et l'eczéma véritable s'observent parfaitement à la vulve et au vagin, du fait d'écarts de régime et à certaines périodes de la vie génitale, à la ménopause particulièrement, époque où la vaginite des culs-de-sac n'est pas rare.

La névropathie héréditaire ou acquise, si favorable à la production

des affeclions cutanées, vient encore renforcer cette étiologie. Mais c'est surtout l'appareil glandulaire du col utérin qui passe pour être fréquemment affecté.

Non seulement je ne songe pas à nier ces faits, mais je puis les appuyer d'observations nombreuses. Toutefois est-ce là l'inflammation telle qu'il faut la comprendre? Trouve-t-on dans ces troubles sécrétoires, dans un cxantlième (eczéma, érythème), l'ensemble des caractères de la plilogosc? Je ne le crois pas. Ces désordres, qui portent sur les surfaces cutanées muqueuses, sont purement irritatifs au début et sufiisent à produire par l'action d'un élément chimique, la congestion et l exfolialion de ces surfaces, mais c'est tout. Seulement comme ils ciéent un milieu de culture abondant et détruisent le revêtement j)i'otecleui' des umqueuses, ils les rendent vulnérables à l'action secondaire des microbes toujours présents dansées muqueuses.

De même la leucorrhée aseptique de la strumeuse ou de l'arthritique devient le prétexted'une endométrite. dès quelegerme pathogène se développe et est devenu assez puissant pour produire rcnVaclion de cette muqueuse.

Donc Farthritisme ne fait pas l'inflammation génitale, mais il engendre les conditions favorables à la création de celte inflammation.

Pour moi voilà son seul r»de et voilà le secret des cures en apparence spontanées où l'hygiène a sufti, aussi bien que des cas rélractaires à tout traitement, même aux plus énergiques.

Il faudrait préciser mieux rinllueiice de l'arthiitisme et de la névropatbie associée à l'aithritisme et des troubles analogues de la ruilrition générale, mais j'y reviendrai ailhnirs à propos de la leucorrhée infantile, du col conique et de l'ovaiie scléreux.

^ VI. IjCS inflamnintîons g4>ni(alc»i sont susceptibles d'engendrer des ni<>(as(ascs secondaires dans l'économie.

Immédiatement après la constatation résumée dans le précédent paragraphe, et conune contre-partie, il est intéressant de placer une remarque, de signaler un fait (pii s'observe assez frêcjuennnent dans les afiéctions génitales. C'est, une fois la lésion locale et primitive

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