TRAITEMENT CHIRURGICAL DE L'ENDOMÉTRITE TOST PARTUM
Se satisfera-t-on de nouvelles irrigations intra-utérines, pratiquées d'une façon intermittente? Tel n'est pus mon avis. Préférera-t-on l'irrigation continue? Je ne le conseillerai pas davantage.
L'irrigation continue, dont j'ai parlé à propos de la rétention placentaire, prétendait mieux faire que l'irrigalion intermittente. Il y a de fréquentes déceptions dans l'emploi de ce procédé et les statistiques publiées ne nous satisfont pas suffisamment, pour nous le faire conseiller. Un gros inconvénient de cette méthode, c'est la difficulté même de la mettre en œuvre en tout état de cause. Installer des récipients énormes, avec dispositif pénible pour la malade, entretenir une surveillance constante et prolongée, n'est guère possible hors de l'hôpital. Incommode pour le praticien, susceptible de déterminer des accidents variés chez l'accouchée mal surveillée, il ne saurait être recommandé, alors que des méthodes plus directes, plus radicales et d'une efficacité incontestable peuvent lui être opposées.
Je désire préalablement montrer que l'emploi des moyens, tels que l'irrigation, bons en principe comme procédé de début, n'est pas suffisamment dirigé par la notion précise et exacte de la lésion.
L'asepsie préventive des voies génitales au moyen des irrigations vaginales, même établie, lorsque cela est possible, longtemps avant les couches, ne saurait avoir toujours et dans tous les cas la prétention de désinfecter absolument la cavité cervicale de l'utérus. J'ai insisté sur ce fait que, chez bien des femmes, le col renferme des éléments pathogènes incontestablement. Qu'on discute leur nocivité, leur nombre, leur résistance au passage du fœtus, et aux ablutions antiseptiques ultérieures, je le veux bien; mais qu'on nie leur existence et leur virulence relative, cela n'est pas plus admissible que de nier la contamination des yeux du nouveau-né par ces mêmes germes, dans la traversée du col qui en est le réceptacle reconnu d'après toutes les recherches.
Ces mômes hommes, qui spéculent sur la pathogénie infectieuse d'origine maternelle de l'ophthalmie du nouveau-né, auraient cependant quelque tendance à nier le fait qui en est le principe : la septicité spécifique ou autre des voies maternelles. Cette opinion me paraît sans aucun fondement.
Ce principe étant acquis, je me suis demandé dès longtemps si la pratique qui consiste à combattre les accidents infectieux fugaces
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et légers, post partum, au moyen des injections intra-utérines était la plus logique et la meilleure. Cette méthode est d'ailleurs contestée en tant que prophylaxie, et la dernière statistique de Léopold de Dresde serait favorable à l'abstention de toute sorte d'injection, car, je l'ai déjà dit, pour lui, ce serait la meilleure manière de diffuser les germes pathogènes un peu partout et de produire des semis infectieux dans les régions saines. Je ne veux pas discuter sur des statistiques. J'ai envisagé la question à un point de vue rationnel et plus précis. « L'infection pour être sûrement et promptement combattue doit être découverte dans son foyer d'origine et détruite sur place. »
Voilà quel a été mon guide.
Or, il est bien certain que souvent il faut désinfecter l'utérus avec les lavages, pendant plusieurs jours, avant d'obtenir la cessation des accidents. C'est donc que le procédé est inefficace ou qu'il ne porte pas parce qu'il n'agit pas sur le foyer initial d'infection. Je laisse l'inefficacité qui ne se peut contesler, en thèse générale, pour retenir le doute qui m'est venu que l'injection ne pouvait pas avoir son effet parce qu'elle ne portait pas.
Prenant cette question des foyers initiaux de l'infection minima, je me suis assuré, par l'examen direct et l'observation des faits, que le col utérin en est le siège le plus fréquent, et le raisonnement n'est pas pour me contredire.
Chez la primipare, le col est toujours plus ou moins lésé. La déchirure classique se produit sur l'une ou l'autre commissure. Chez la multipare, il y a des solutions de continuité multiples pendant l'effacement et la dilatation ; des fissures se produisent. Déchirures ou fissures sont autant de traumatismes qui, le col étant étalé et flasque après les couches, sont plus apparentes en surface qu'en profondeur, mais, une fois le col revenu sur lui-même, sont au contraire plus profondes que larges, en tout cas moins étalées. De plus, elles atteignent la couche musculaire du col et nécessairement ont lésé la couche profonde de la muqueuse.
C'est, en outre, une région plus particulièrement suspecte d'infection prce partum.
J'ai eu soin, à chaque indice d'infection, de visiter le col tanlôt au bout de quelques heures, tantôt immédiatement. Souvent, alors