‹ Introduction a la pratique gynécologique (volume 2)Chapitre 71 sur 100 · TRAITEMENT GÉNÉRAL DE LTNFECTION PUERPÉRALE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT GÉNÉRAL DE LTNFECTION PUERPÉRALE

Si rindication première du traitement est réalisée par la destruction des organismes pathogènes et l'assainissement des surfaces cruentées, on ne doit pas oublier que, presque toujours, au moment de l'intervention, l'économie a été impressionnée par des poisons dangereux et que même les colonies microbiennes ont pu être transportées dans des organes éloignés de la zone génitale.

La médication interne a donc une application rationnelle dans tous les cas. Elle a été mise en œuvre de tout temps et souvent même d'une manière exclusive, les accoucheurs s'attachant surtout à combattre les phénomènes généraux symptomatiques de l'intoxication.

II serait fastidieux d'énumérer tous les médicaments qui ont été successivement en usage. Autant vaudrait citer tous les fébrifuges, les toniques, les altérants, les dérivatifs connus jusqu'à ce jour en y ajoutant les diurétiques, les diaphorétiques, les purgatifs, etc., dont on a cru pouvoir vanter l'efficacité, en s'appuyant sur quelques rares faits où la nature a simplement triomphé d'une infection atténuée.

Il serait plus exact de faire ressortir combien les déceptions et l'échec de semblables traitements ont laissé dans tous les esprits le sentiment de l'inefficacité.

Cependant, ainsi présentée, l'appréciation d'une médication interne est injuste, et ce qu'on peut reprocher le plus positivement aux anciens accoucheurs, c'est de s'en être contentés, et de n'avoir pas eu recours à l'antisepsie externe que d'ailleurs ils ignoraient complètement.

Il faut donc, au lieu de condamner ces remèdes en bloc comme inutiles, conserver les meilleurs d'entre eux et s'attacher au principe de la nécessité d'une médication interne intelligemment introduite dans le traitement, et agissant de concert avec le traitement antiseptique externe.

Nul et sans effet, quand il n'est pas aidé du traitement local, le traitement général, s'il lui est associé en temps utile, est d'un

secours puissant pour la conservation des forces et la résistance do l'organisme aux poisons diffusés dans l'économie.

Dès 1885, j'ai déjà éclairci ce point de pratique, à propos de l'administration du sulfate de quinine, dans une discussion qui eut lieu à la Société obstétricale et gynécologique de Paris (Voy. Bullei. 18S5, p. 87). C'est à propos d'une communication du regretté Bernutz.

M. Pajot avait déclaré que, hormis les cas exceptionnels de fièvre puerpérale à forme intermittente, le sulfate de quinine n'est d'aucune efficacité, d'aucun secours, quoi qu'en disent certains accoucheurs qui persistent à l'administrer (p. 94).

Ma réplique fut la suivante :

« En ce qui concerne l'efficacité du sulfate de quinine, je ferai remarquer que les données anciennes n'ont point une valeur certaine. Il n'y a pas de parité à établir entre les faits d'autrefois et ceux d'aujourd'hui. En elïet, autrefois on bourrait de sulfate de quinine les femmes infectées, tandis qu'on laissait en permanence dans l'utérus un foyer d'infection qui alimentait constamment l'économie de nouveaux produits septiques.

« L'insuccès était presque certain, si l'empoisonnement était tant soit peu intense. Aujourd'hui nous n'espérons pas débarrasser l'organisme malade par ce seul moyen, mais nous comptons bénéficier de l'action du sulfate de quinine, à condition de détruire concurremment la source du poison par l'antisepsie locale. Donc, pour juger de la réalité ou de la nullité des effets du médicament, il faut l'expérimenter sur de nouvelles bases d'observation : avec ou sans l'antisepsie locale. Nous pourrons alors à bon droit émettre une opinion ruisonnée et légitime.

« Il y a des cas où la septicémie a prévenu l'intervention de l'accoucheur; elle est déjà dans la place quand il lui est donné d'agir. La médication interne ne s'impose-t-elle pas? Qu'il s'agisse de sulfale de quinine ou de tel autre agent anlithermique ou antiputride, la chose vaut qu'on l'essaye. Il y a des formes atténuées de l'infection puerpérale qui paraissent céder à l'action du sulfale de quinine. Les accidents infectieux pris à leur début résistent rarement à son emploi combiné avec les lavages antiseptiques intrautérins. Sans insister sur l'avantage qu'il y a à dimiruier les combustions fébriles et la déperdition des forces physiques, je crois

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